L’indécision souveraine des égarés, prélude aux brusques effondrements

À propos des ravages de l’indécision, dans une société immature qui a fait du doute une vertu.

LES TEMPS PRESENTS sont marqués par un contraste saisissant entre la foudroyante accélération technologique et la paralysie des décideurs. Comment l’expliquer ? Certains auteurs suggèrent que ce phénomène pourrait être lié à la prolongation infinie de l’adolescence – temps par excellence de l’indécision. D’autres le rapprochent du phénomène d’auto-victimisation qui dé-saisit l’individu de son propre destin. Des études quantitatives lient l’indécision à un seuil de paralysie et notent que ce phénomène est à la fois contagieux et cumulatif. Continuer la lecture de « L’indécision souveraine des égarés, prélude aux brusques effondrements »

Arnaud Beltrame :
un homme d’honneur

La France a rendu hommage au colonel Arnaud Bertrame. En donnant sa vie pour en sauver une autre, l’officier a suivi sa conscience. C’était un homme d’honneur. Pourquoi parle-t-on si peu de l’honneur aujourd’hui ?

HONNEUR. Il n’y a plus que les militaires pour parler de l’honneur. Dans son communiqué après la mort d’Arnaud Beltrame, le général Lecointre, chef d’état-major des armées, écrit à l’officier qui a donné sa vie : « Votre acte héroïque est emblématique des valeurs de notre engagement au service de la Nation, au premier rang desquelles l’honneur. » Continuer la lecture de « Arnaud Beltrame :
un homme d’honneur »

Comment naquirent les crèches
familiales ?

Paradoxe de l’histoire : c’est à la République qu’on doit l’expansion des crèches dans les foyers français.

LA TRADITION attribue à saint François d’Assise la première crèche de Noël. Mais l’histoire de la crèche s’inscrit d’abord dans l’histoire de la représentation de la Nativité. Continuer la lecture de « Comment naquirent les crèches
familiales ? »

La crèche du maire qui ne lâche rien

Au cœur de la Bourgogne, une petite crèche venue de Palestine fait de la résistance.

LE MAIRE de Paray-le-Monial expose dans le hall de sa mairie une crèche en nacre offerte par le maire d’une commune de Palestine, avec laquelle sa ville est jumelée : Bethléem. Dans un contexte de laïcité chatouilleuse, le jumelage culturel entre les deux petites villes devrait pouvoir gommer les susceptibilités idéologiques. Mais l’initiative a un précédent douloureux. Continuer la lecture de « La crèche du maire qui ne lâche rien »

Décadence et conversion : le moment catholique

À propos de Jean-Luc Marion et de sa Brève apologie pour un moment catholique (Grasset). Comment la sortie de la décadence française est entre les mains des catholiques.

CE N’EST PAS DE CRISE qu’il faut qualifier le marasme où s’enlise la société française mais de décadence, dit Jean-Luc Marion. Car tel est le nom d’une crise qui, par manque de résolution, de volonté donc, ne trouve pas de solution. Or en analysant les termes de cette décadence, il apparaît que la clé de la décision de « sortie de crise » est entre les mains des catholiques. Et quels sont donc ces termes ? Continuer la lecture de « Décadence et conversion : le moment catholique »

Blaise Pascal aux officiers, de la gloire et de la guerre

Sachant que l’âme de Blaise Pascal errait aux alentours de Port-Royal au moment de la Toussaint… et du 11 novembre, la Gloire la pria de lui accorder un entretien. Elle vient d’envoyer les minutes de cette conversation à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr. Message aux élèves officiers.

LA GLOIRE : Je vous couronnais jadis, vous trouvant grand philosophe…

BLAISE PASCAL : Se moquer de la philosophie, c’est vraiment philosopher.

La Gloire : Ces mots ravissent mon esprit militaire et seraient très appréciés par mes soldats. Pensez-vous qu’ils soient les grands incompris de ce siècle ?

Blaise Pascal : En parlant des soldats, ils sont bien fous, dit‑on. Et les autres au contraire : il n’y a rien de grand que la guerre, le reste des hommes sont des coquins. Continuer la lecture de « Blaise Pascal aux officiers, de la gloire et de la guerre »

Le jésuite français n’a peur de rien

Les saints patrons secondaires du Canada sont des jésuites français. Leur martyre mérite d’être connu jusque dans les détails. Accrochez-vous.

LES JESUITES, on aime ou on n’aime pas, mais il est difficile de les trouver insignifiants. S’il y a bien un jésuite qui dérange en ce moment, n’est-ce pas le pape lui-même ? Aujourd’hui, l’Eglise fête les saints martyrs patrons secondaires du Canada qui étaient en fait des jésuites français : Jean de Brébeuf, Isaac Jogues, Gabriel Lalemant, Charles Garnier, Antoine Daniel, Noël Chabanel, René Goupil, Jean de La Lande, tous canonisés en 1930.

Le récit du martyre de nos jésuites glace le sang, mais il mérite d’être lu jusqu’au bout. Les détails de l’histoire ne sont pas neutres. Continuer la lecture de « Le jésuite français n’a peur de rien »

Le défi conservateur : pas si simple

Trahie par la gauche, déçue par la droite, la France s’est livrée sans résistance au libéralisme macronien. Réputés conservateurs, les Français sont profondément imprégnés par un relativisme de gauche qui est le principal obstacle au retour de la droite au pouvoir. Le retour conservateur ? Pas si simple.

LA GRANDE VERTU de l’élection d’Emmanuel Macron est d’avoir montré que la France ne croyait plus dans la gauche, mais qu’elle n’espérait plus non plus dans la droite. Elle s’est livrée par dépit à la synthèse des deux : le « syncrétisme conciliant » macronien (le concept est du cardinal Bergoglio), un bonapartisme libertaire qui n’enthousiasme personne. Si donc une alternative est possible, c’est au prix d’un changement radical de la droite et de la gauche. Continuer la lecture de « Le défi conservateur : pas si simple »

Carnet de voyage : « En flânant à travers Téhéran »

Impressions de voyage de l’auteur à Téhéran. Thomas Flichy de La Neuville a publié L’Iran au-delà de l’islamisme (L’Aube, 2013) et dirigé avec Antoine de Prémonville Géopolitique de l’Iran (PUF, 2015).

JE FUS SAISI à ma descente d’avion par cette espèce d’odeur un peu âcre qui me rappelait que j’avais retrouvé Téhéran la miséreuse et son haleine pétrolière. Le temps d’attendre une heure en compagnie d’un acheteur de tapis italien et d’un allemand en mission interlope, je me frayai un chemin dans la rue, égayé par le concert étrange des imperceptibles coups de klaxon qui accompagne le flot anarchique des voitures. L’on circule bien la nuit sous les banderoles à la gloire du régime et il me fallut attendre la chaleur du jour suivant pour examiner la façon dont la ville avait changé. Continuer la lecture de « Carnet de voyage : « En flânant à travers Téhéran » »

Le cardinal de Retz, mots d’esprit pour temps de troubles

A lire ou relire, quelques traits extraordinairement lucides sur la métamorphose d’un État en temps de guerre civile.

JEAN-FRANçOIS DE GONDI se savait trop léger pour prétendre s’emparer du pouvoir. Cet agitateur professionnel nous a pourtant légué, au fil de ses Mémoires, quelques traits extraordinairement lucides sur la métamorphose de l’État en temps de guerre civile. Continuer la lecture de « Le cardinal de Retz, mots d’esprit pour temps de troubles »