Avortement : non au vichysme mental !

A propos de l’éditorial de La Croix du 28 mai sur le référendum irlandais, « l’IVG au-delà de la loi », où l’on apprend que la vie de la mère ne vaut pas celle de l’enfant… « en devenir ».

LE PAPE FRANCOIS, citant le concile Vatican II, déclarait en avril 2014 que l’avortement est « un crime abominable ». Il ajoutait : « Il convient de rappeler la plus ferme opposition à toute atteinte directe à la vie, spécialement innocente et sans défense : le bébé dans le ventre maternel est l’innocent par excellence. » Enfin, à plusieurs occasions, il a vivement critiqué « la culture du déchet » si prégnante aujourd’hui. Continuer la lecture de « Avortement : non au vichysme mental ! »

Pourquoi personne ne croit à l’attaque chimique de Bachar-el-Assad ?

L’écrasante majorité des États membres de l’Organisation pour l´Interdiction des armes chimiques ne suit pas la thèse franco-américaine sur l’attaque chimique de Bachar-el-Assad.

L’ACCUSATION des Occidentaux à l’encontre du gouvernement syrien d’avoir opéré une attaque chimique à la Douma (quartier de Damas), le 7 avril dernier a été le motif de la campagne de bombardements de la Syrie par les États-Unis, le Royaume-Uni et la France du 14 avril, avant même que les inspecteurs de l’OIAC (Organisation pour l´Interdiction des armes chimiques) soient arrivés sur place. Continuer la lecture de « Pourquoi personne ne croit à l’attaque chimique de Bachar-el-Assad ? »

Des crucifix dans les bâtiments publics en Bavière

Quel sens le crucifix peut-il avoir dans des bâtiments publics officiels ? La réponse donnée par le Bavarois Joseph Ratzinger : la croix est le signe que l’Etat n’a pas tous les pouvoirs.

LE CRUCIFIX n’est pas un « signe religieux », mais « l’expression de notre empreinte historique et culturelle » : c’est ainsi que le ministre-président de Bavière, Markus Söder, a justifié l’installation des crucifix dans les bâtiments appartenant à l’État bavarois. Il ne s’agit donc pas pour lui d’une atteinte à la neutralité de l’État, alors que les crucifix figurent déjà dans les écoles et les tribunaux, mais une « reconnaissance de son identité ». Continuer la lecture de « Des crucifix dans les bâtiments publics en Bavière »

Feu d’« artifices » sur Damas

De source diplomatique et militaire, décryptage des événements du jour en Syrie.

LE FEU D’ARTIFICE de cette nuit du 14 avril a été organisé après un accord tacite russo-américain. Après trois jours de discussions, et surtout après les menaces de Poutine de couler les navires américains tirant des missiles sur la Syrie au cas où ils toucheraient à un seul cheveu d’un soldat syrien, russe ou iranien, les « Alliés » ont décidé d’une frappe de communication. Celle-ci a été validée par les Russes. Continuer la lecture de « Feu d’« artifices » sur Damas »

L’Église et le droit de grève : un recours légitime, mais extrême

Faire pression en cessant de travailler ne peut jamais se justifier sans raisons graves. Revendiquer des droits dans les limites du bien commun, oui ; protéger des privilèges en prenant d’autres travailleurs en otage, non.

QUE DIT L’ÉGLISE DU DROIT DE GRÈVE ? Celui-ci est légitime s’il est « proportionné », après que toutes les possibilités d’éviter le conflit ont été tentées. Il faut surtout que la grève poursuive — pacifiquement — des objectifs liés aux seules conditions de travail relevant de la justice sociale et qu’ils ne soient pas contraires au bien commun. Dans son l’encyclique sociale Laborem exercens (LE), Jean Paul II précise que « les requêtes syndicales ne peuvent pas se transformer en une sorte d’“égoïsme” de groupe ou de classe » (LE, 20). Continuer la lecture de « L’Église et le droit de grève : un recours légitime, mais extrême »

Macron aux Bernardins et les vertiges du dialogue

Pour rendre service à la politique, l’Église doit se poser comme un interlocuteur lucide sur les manipulations de l’éthique de la discussion.

DEUX EVENEMENTS vont se télescoper aujourd’hui dans le monde catholique, en cette solennité de l’Annonciation — qui est aussi la fête de l’Incarnation : la publication de l’exhortation apostolique Gaudete et exsultate et en France, la rencontre entre le président Macron et le « monde catholique » au collège des Bernardins. Continuer la lecture de « Macron aux Bernardins et les vertiges du dialogue »

L’indécision souveraine des égarés, prélude aux brusques effondrements

À propos des ravages de l’indécision, dans une société immature qui a fait du doute une vertu.

LES TEMPS PRESENTS sont marqués par un contraste saisissant entre la foudroyante accélération technologique et la paralysie des décideurs. Comment l’expliquer ? Certains auteurs suggèrent que ce phénomène pourrait être lié à la prolongation infinie de l’adolescence – temps par excellence de l’indécision. D’autres le rapprochent du phénomène d’auto-victimisation qui dé-saisit l’individu de son propre destin. Des études quantitatives lient l’indécision à un seuil de paralysie et notent que ce phénomène est à la fois contagieux et cumulatif. Continuer la lecture de « L’indécision souveraine des égarés, prélude aux brusques effondrements »

Jean Paul II, le pape qui a changé la donne

En mémoire du 2 avril 2005, je suis heureux de rediffuser l’hommage à Jean Paul II que le cher père André Manaranche sj m’avait donné pour honorer le saint pape, « maître pour l’histoire ». Difficile d’être plus pénétrant pour montrer comment le pape philosophe a renversé la logique des Lumières. « La nouvelle évangélisation n’est pas seulement religieuse : elle se joue au niveau de l’humanisme. »

AU BOUT DU COMPTE, Jean-Paul II aura refait la donne sur plusieurs points et contes­té radicalement les Lumières, tant en ce qui concerne la philosophie qu’en ce qui en découle au plan politique. Continuer la lecture de « Jean Paul II, le pape qui a changé la donne »

Arnaud Beltrame :
un homme d’honneur

La France a rendu hommage au colonel Arnaud Bertrame. En donnant sa vie pour en sauver une autre, l’officier a suivi sa conscience. C’était un homme d’honneur. Pourquoi parle-t-on si peu de l’honneur aujourd’hui ?

HONNEUR. Il n’y a plus que les militaires pour parler de l’honneur. Dans son communiqué après la mort d’Arnaud Beltrame, le général Lecointre, chef d’état-major des armées, écrit à l’officier qui a donné sa vie : « Votre acte héroïque est emblématique des valeurs de notre engagement au service de la Nation, au premier rang desquelles l’honneur. » Continuer la lecture de « Arnaud Beltrame :
un homme d’honneur »

François Huguenin : « La laïcité a besoin du monde chrétien »

Dans Le Pari chrétien, François Huguenin s’interroge sur les conditions nouvelles dans lesquelles les chrétiens affrontent leur responsabilités politiques. Comment être une minorité créatrice, influente, dans un monde qui a cessé d’être chrétien ? La réponse tient dans ce paradoxe : c’est dans leur distance à l’égard du pouvoir que se trouve leur véritable puissance politique. Mon entretien avec lui publié par Causeur.

Philippe de Saint-Germain — Dès l’origine, le christianisme s’est pensé comme une religion « dans le monde mais non pas du monde ». Comment ce monde en France a-t-il cessé d’être chrétien ?

François Huguenin. — C’est une longue histoire, à l’évolution complexe, et qui remonte au moins au XVIIe siècle. Ce qui est entièrement nouveau, c’est que la déchristianisation va de pair aujourd’hui avec la perte des valeurs communes. Non seulement la société n’est plus chrétienne, mais la morale — qui n’est pas religieuse en elle-même — n’est plus universelle au sens où elle ne constitue plus un point de rencontre entre chrétiens et non-chrétiens. Pendant des générations, la pratique religieuse a diminué, mais la conscience collective restait de « marque » chrétienne, pour reprendre l’expression de Pierre Manent. De nos jours, les chrétiens pratiquants ne représentent guère plus de 4 à 5% de la population, et la majorité des Français qui persistent à se dire catholiques ne vit plus comme dans une société moralement ou culturellement chrétienne. Continuer la lecture de « François Huguenin : « La laïcité a besoin du monde chrétien » »