Message du pape pour la Journée du migrant et du réfugié : quelques clés de lecture

Mon interview dans Il est vivant sur le message du pape pour la Journée du migrant et du réfugié. « La sécurité d’une nation ne peut se faire sur le dos des plus faibles, nationaux en situation précaire ou migrants, d’où qu’ils viennent. »

Il est vivant. — Dans son message pour la journée mondiale du migrant et du réfugié 2018, rendu public le 21 août, le pape François a écrit : « Le principe de centralité de la personne humaine nous oblige à toujours faire passer la sécurité personnelle avant la sécurité nationale. » Dans un contexte de grande insécurité en Europe, cette phrase n’a pas toujours été bien accueillie. Qu’a-t-il voulu dire ?

Philippe de Saint-Germain. — Dans ce passage, il est évident que François n’a pas voulu opposer la sécurité des nationaux à celle des migrants. Il ne prétend pas non plus que les États doivent sacrifier leur sécurité à l’accueil des étrangers. La sécurité d’une nation ne peut se faire sur le dos de la sécurité des plus faibles, quels qu’ils soient : nationaux en situation précaire, migrants d’où qu’ils viennent, malades en fin de vie ou fœtus dans le ventre de leur mère. Sur tous ces points, la doctrine de l’Église est cohérente et ne peut varier. De même et c’est du bon sens, la sécurité des plus faibles ne peut se faire sur le désordre, l’anarchie et l’ébranlement de l’identité nationale. Continuer la lecture de « Message du pape pour la Journée du migrant et du réfugié : quelques clés de lecture »

Iran : « Le cerveau organisateur des troubles reste à identifier »

Spécialiste de l’Iran, professeur de géopolitique à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, Thomas Flichy de La Neuville répond aux questions de Philippe de Saint-Germain pour Aleteia sur les émeutes qui secouent la République chiite ennemie de l’Arabie saoudite et de Daech. Contrairement aux apparences, le pays des ayatollahs n’est pas le pays le plus éloigné de l’Occident. Sa déstabilisation aurait de graves répercussions dans l’ensemble du Moyen-Orient.

Le mouvement de manifestations qui se propage en Iran est le plus important qu’ait connu le pays depuis 2009. La répression scandalise l’Occident. Que se passe-t-il exactement ? L’élection du modéré Hassan Rohani en 2013, puis sa réélection en 2017, n’auraient-elles pas dû apaiser la contestation populaire ? 

Thomas Flichy de La Neuville. — L’Iran est actuellement en proie à un mouvement de contestation lié à la situation économique du pays. La raison en est la suivante : le gel des activités nucléaires de l’Iran devait avoir pour contrepartie le dégel des avoirs iraniens. Or rien de tel ne s’est produit, si bien que la population estime avoir fait l’objet d’un marché de dupes. La population iranienne dirige donc logiquement son ressentiment vers le gouvernement actuel, qui tâche de faire des concessions en sa faveur. Continuer la lecture de « Iran : « Le cerveau organisateur des troubles reste à identifier » »

Fr. Olivier-Thomas Venard :
« Le salut apporté par Jésus
n’est d’aucun parti »

Le soir du 24 décembre, France 2 a tenté en quelques minutes une fresque « politique » de la vie de Jésus. « De quel parti était le Messie ? » Interrogé par la chaîne française, le frère Olivier-Thomas Venard, professeur de Nouveau Testament et vice-directeur de l’École biblique de Jérusalem, a recadré le sujet. « Jésus ne fait pas de politique mais il est le seul à faire de la politique. » Mon interview du dominicain, pour Aleteia.

Aleteia. —Jésus était-il un révolutionnaire ? Un agitateur ?

Fr. Olivier-Thomas Venard. — Si un révolutionnaire est quelqu’un qui use de violence, non, ce ne fut pas le cas de Jésus, à la différence d’autres Judéens ou Galiléens de son époque ou des « zélotes » qui luttèrent contre l’occupation romaine, dans la génération qui le suivit. Cependant, le fait est que Jésus fut mis à mort comme un agitateur, avec sur son poteau d’exécution ce panneau d’accusation si énigmatique : « INRI — Jésus de Nazareth roi des Juifs. » Pour les Romains en charge du maintien de l’ordre en Judée, en même temps que d’une moquerie anti-juive, il s’agit clairement un motif politique. Et de fait, à sa manière, Jésus renverse l’ordre établi et peut être décrit comme révolutionnaire. Continuer la lecture de « Fr. Olivier-Thomas Venard :
« Le salut apporté par Jésus
n’est d’aucun parti » »

Fr. Olivier-Thomas Venard :
« À Jérusalem, réintroduire
du “religieux” est un jeu dangereux »

Le frère Olivier-Thomas Venard op, vit et travaille à l’École biblique et archéologique française de Jérusalem depuis près de dix-sept ans. Directeur du programme de recherches La Bible en ses Traditions, auteur de deux ouvrages et de plusieurs articles sur la situation en Terre sainte, il répond à mes questions pour Aleteia sur l’impact de la position américaine concernant le statut de Jérusalem.

Aleteia. — Le président américain, Donald Trump, a annoncé, mercredi 6 décembre, que les États-Unis reconnaissaient désormais Jérusalem comme capitale d’Israël. Cette promesse de campagne a déchaîné des violences dans le monde arabe, et la désapprobation générale dans les chancelleries. Quel est le contexte historique de cette annonce ? Comment peut-elle s’expliquer ?

Fr. Olivier-Thomas Venard. — On peut essayer de le comprendre de trois façons, aucune n’est très satisfaisante. Du point de vue de Donald Trump lui-même — la décision a été prise semble-t-il contre l’avis de son secrétaire d’État et de son ministre de la Défense —  il s’agit de bouleverser la donne, pour faire surgir une nouvelle solution, un meilleur « deal », comme il dirait… Continuer la lecture de « Fr. Olivier-Thomas Venard :
« À Jérusalem, réintroduire
du “religieux” est un jeu dangereux » »

Comment naquirent les crèches
familiales ?

Paradoxe de l’histoire : c’est à la République qu’on doit l’expansion des crèches dans les foyers français.

LA TRADITION attribue à saint François d’Assise la première crèche de Noël. Mais l’histoire de la crèche s’inscrit d’abord dans l’histoire de la représentation de la Nativité. Continuer la lecture de « Comment naquirent les crèches
familiales ? »

La crèche du maire qui ne lâche rien

Au cœur de la Bourgogne, une petite crèche venue de Palestine fait de la résistance.

LE MAIRE de Paray-le-Monial expose dans le hall de sa mairie une crèche en nacre offerte par le maire d’une commune de Palestine, avec laquelle sa ville est jumelée : Bethléem. Dans un contexte de laïcité chatouilleuse, le jumelage culturel entre les deux petites villes devrait pouvoir gommer les susceptibilités idéologiques. Mais l’initiative a un précédent douloureux. Continuer la lecture de « La crèche du maire qui ne lâche rien »

Strasbourg : le prêtre a le droit
de présider l’université

Insolite : le président de l’Université de Strasbourg est prêtre. Un statut que lui contestent certains syndicats.

PROFESSEUR DE THEOLOGIE, Michel Deneken enseigne à l’université de Strasbourg depuis 1989. Il a été élu en décembre 2016 par le conseil d’administration pour un mandat de quatre ans à la présidence de l’Université de Strasbourg. Mais cela ne plaît pas à tout le monde. Continuer la lecture de « Strasbourg : le prêtre a le droit
de présider l’université »

Laïcité : une nouvelle affaire de croix
litigieuse dans un cimetière

Dans ce village de la Creuse, le maire veut retirer la croix de la grille du cimetière communal, une croix qui, en vieillissant, s’est mise subitement à perturber le vivre-ensemble.

À SAINT-SULPICE-le-GUERETOIS (Creuse), le maire de la commune, Claude Guerrier, souhaite retirer la croix du portail du cimetière. « Cette démarche ne se veut pas polémique, ce n’est pas contre le catholicisme, prévient-il, mais le cimetière est un espace public partagé où tout le monde a accès, quelles que soient ses croyances, convictions ou absence de croyances. » Continuer la lecture de « Laïcité : une nouvelle affaire de croix
litigieuse dans un cimetière »

Pape François : « Il nous faut réhabiliter la dignité de la politique »

Le pape dit sa déception face à « l’insignifiance » des catholiques en politique en Amérique latine, faute de « cohérence » mais aussi de soutien des pasteurs, enfermés dans leur « cléricalisme ».

Dans un message vidéo adressé à des laïcs exerçant des responsabilités politiques réunis en congrès à Bogota (Colombie), le pape François a encouragé les catholiques à assumer pleinement leurs engagements. Dans son style habituel, direct et concret mais sans concession, il les invite à sortir des sacristies pour servir le bien commun. Leur mission ? Rétablir la dignité de la politique, en donnant l’exemple de la patience et de la compétence. Voici ma traduction du texte intégral de son intervention, publiée par « Aleteia« .

« DEPUIS LE PAPE PIE XII jusqu’à aujourd’hui, les papes successifs ont toujours fait référence à la politique comme “la plus haute forme de charité”. La formule pourrait également se traduire comme le service inestimable du dévouement au bien commun de la société. Continuer la lecture de « Pape François : « Il nous faut réhabiliter la dignité de la politique » »

L’empreinte que le cardinal Vingt-Trois laissera à Paris

Le cardinal André Vingt-Trois a remis au pape François sa lettre de renonciation le 7 novembre dernier. Une messe d’action de grâce pour les douze ans de son épiscopat au service de l’Église à Paris sera célébrée le 16 décembre à la cathédrale Notre-Dame. Son successeur sera Mgr Michel Aupetit, qui fut son vicaire général avant d’être évêque de Nanterre.

ORDONNE PRETRE en 1969, André Vingt-Trois est un Parisien pur souche. Né en 1942, il entre à vingt ans au séminaire St-Sulpice d’Issy-les-Moulineaux. Sa première nomination le conduit à la paroisse Ste-Jeanne-de-Chantal où il trouve comme curé le père Jean-Marie Lustiger : une rencontre décisive qui marquera son parcours de prêtre, de professeur et d’évêque. Les deux hommes ne se quitteront pratiquement plus. Continuer la lecture de « L’empreinte que le cardinal Vingt-Trois laissera à Paris »