Applaudissez : Auguste Macron entre en scène

Auguste ? Un caméléon changeant de couleur, tour à tour pâle, rouge, noir, et puis après charmant comme Vénus (Julien l’Apostat). Pendant que la tyrannie se fortifiait, on ne parlait que de liberté (Montesquieu).

PLAUDITE, acta est fabula. « Applaudissez, la pièce est jouée. » Tels auraient été les derniers mots prononcés par l’empereur Auguste avant de succomber à une figue empoisonnée. Cet homme énigmatique qui avait pris un soin jaloux à ne jamais définir le régime nouveau qu’il instaurait fut décrit a posteriori par Julien l’Apostat comme un « caméléon changeant de couleur, tour à tour pâle, rouge, noir, et puis après charmant comme Vénus ». Continuer la lecture de « Applaudissez : Auguste Macron entre en scène »

Le vote enseignant : de plus en plus à gauche… contre la gauche

Source IFOP, SOS-Education | À gauche, quoiqu’il arrive. Traditionnellement acquis à la gauche, le milieu enseignant (945 000 personnes en 2016) a rejeté le candidat PS Benoît Hamon et la réforme Vallaud-Belkacem mais soutenu Emmanuel Macron (38%) et Jean-Luc Mélenchon (23%). Seulement 15% des enseignants de France votent à droite : l’école de la République est-elle libre ?

UN SONDAGE Ifop pour SOS-Education s’est intéressé au positionnement des enseignants vis-à-vis des principales propositions des candidats. L’étude, qui porte sur les intentions de vote, montre que le corps enseignant français demeure un monobloc de gauche dominant, malgré ses divisions internes. Continuer la lecture de « Le vote enseignant : de plus en plus à gauche… contre la gauche »

Ecologie : des papes antimodernes

A propos de Thomas Michelet op, Les Papes et l’Ecologie (Artège).

POUR DECOUVRIR la pensée de l’Église sur l’écologie, ce livre du dominicain Thomas Michelet fera référence. Depuis cinquante ans, les papes parlent d’écologie. En 1970, Paul VI craint déjà une « catastrophe écologique », et l’inventeur de « l’écologie humaine » est assurément saint Jean Paul II, même si le peuple de Dieu est écologique depuis… la Genèse. Le Fr. Thomas Michelet a choisi comme ouverture de son recueil la constitution Gaudium et Spes de Vatican II, qui n’est pas un texte pontifical au sens strict, mais bien un « point de départ » prophétique, selon le mot du cardinal Turkson, de la réflexion contemporaine de l’Église sur l’écologie. Continuer la lecture de « Ecologie : des papes antimodernes »

Délit d’entrave à l’IVG : une atteinte grave à la démocratie

Peu porté à prendre la parole sur les questions politiques sensibles, Mgr Georges Pontier, président de la Conférence des évêques de France, a pourtant écrit à François Hollande pour lui faire part de sa vive préoccupation au sujet de la proposition de loi « relative à l’extension du délit d’entrave à l’interruption volontaire de grossesse ». Dans cette lettre rendue publique le 28 novembre, l’archevêque de Marseille accuse une « mise en cause des fondements de nos libertés ».

JAMAIS en France, le droit à la vie n’a paru aussi lié à la liberté de conscience et d’expression qu’avec le projet socialiste liberticide du délit d’entrave numérique à l’IVG. Le droit à la vie est le premier des droits, disait St Jean-Paul II, mais la liberté de conscience, précisait-il, est la base de tous les droits. Le gouvernement socialiste s’attaque aux deux. Les évêques de France ont raison d’y voir une remise en cause gravissime de deux principes fondamentaux de la société libre. Continuer la lecture de « Délit d’entrave à l’IVG : une atteinte grave à la démocratie »

Crèches culturelles et crèches incultes

Le Conseil d’État a autorisé, mercredi 9 novembre, l’installation de crèches de Noël dans les bâtiments publics, à des conditions alambiquées. Pour avoir droit de cité, une crèche doit être culturelle, laïque et sans histoire (sainte).

LE CONSEIL D’ETAT juge que l’installation temporaire d’une crèche à l’initiative d’une personne publique, dans un emplacement public, est légale si elle présente un « caractère culturel, artistique ou festif, mais non si elle exprime la reconnaissance d’un culte ou une préférence religieuse ». Continuer la lecture de « Crèches culturelles et crèches incultes »

Pourquoi doit-on manifester le 16 octobre ?

La Manif pour tous s’apprête à descendre à nouveau dans la rue pour défendre la famille. L’abrogation de la loi Taubira s’inscrit désormais dans un objectif plus large et plus ambitieux : protéger la vie, le mariage et les libertés fondamentales.

AU LENDEMAIN du vote de la loi du 17 mai 2013 « ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe », dite loi Taubira, le débat s’est porté sur les perspectives d’abrogation du texte. L’affaire est devenue pour beaucoup une question de principe, plus morale que politique. Pour les anti-abrogationnistes, qu’on laissera discuter entre eux, le problème est relativement clair : le « mariage gay » est légitime, le désaccord porte sur le lien ou non avec la filiation. Du côté des abrogationnistes, le débat est stratégique. Qu’on le veuille ou non, la question est bien politique. Une chose est d’être contre cette falsification du mariage, autre chose est d’obtenir son abrogation. Continuer la lecture de « Pourquoi doit-on manifester le 16 octobre ? »

Climat : oser le débat entre chrétiens

A propos de Stanislas de Larminat, Climat : et si la vérité (nous) rendait libre ? (Terra Mare).

climat-uneINGENIEUR agronome, Stanislas de Larminat fait partie de ces rares écologistes qui savent de quoi ils parlent quand ils font… de l’écologie. Titulaire d’un troisième cycle de bioéthique, il a suivi la formation des responsables délivrée par le collège des Bernardins pour les laïcs catholiques au service des diocèses, il maîtrise donc aussi les contours du défi écologique porté par l’Église à la suite de Laudato si’. C’est d’ailleurs à quoi il consacre une grande partie de ses travaux, comme en témoignent ses précédents essais publiés aux éditions Salvator : Les Contrevérités de l’écologisme (2011) et L’écologie chrétienne n’est pas ce que vous croyez (2014). Continuer la lecture de « Climat : oser le débat entre chrétiens »

Ecologie humaine : le temps de la reconstruction

À propos de Tugdual Derville, Le Temps de l’homme (Plon, 2016).

EN 1951, Romano Guardini s’interrogeait sur la croissance irrésistible de la puissance technique de l’homme contemporain. Pour le philosophe, « la tâche centrale de notre époque sera d’ordonner sa puissance de telle sorte que l’homme soit capable de subsister en tant qu’homme. Il sera placé devant cette option : devenir aussi fort en son humanité que sa puissance est grande ou bien lui être livré et succomber » (La Puissance, essai sur le règne de l’homme, Seuil). Soixante-cinq ans plus tard, Tugdual Derville reprend l’interrogation dans les mêmes termes : l’autodestruction de l’homme par l’homme n’est pas réductible à un quelconque péril nucléaire, c’est l’homme dans son identité qui est directement menacé. Continuer la lecture de « Ecologie humaine : le temps de la reconstruction »

Refonder la politique sur la culture

A propos de Charles Beigbeder et Benoît Dumoulin, Charnellement de France (P.-G. de Roux).

COMME IL EST RAFRAICHISSANT de lire un homme politique qui parle de la France comme une réalité charnelle, une personne, une histoire, un patrimoine, et non comme une « idée ». Il est vrai que Charles Beigbeder est d’abord un chef d’entreprise, un créateur. Pour lui, la France ce n’est pas un concept et ce n’est pas l’État, même si l’État dans son acception française a joué un rôle inédit dans la constitution de l’identité nationale. Continuer la lecture de « Refonder la politique sur la culture »

« Et nous ne disons rien. » La grande leçon politique de Mère Teresa

Déjà béatifiée en 2003 par le pape Jean-Paul II, Mère Teresa sera canonisée par le pape François ce dimanche 4 septembre. Le témoignage de sa charité fut aussi un message de vérité.

LA PETITE SAINTE de Calcutta, fondatrice des Missionnaires de la charité, fut admirée par le monde entier pour son dévouement radical en faveur des plus pauvres. Son message d’amour et de paix n’avait pourtant rien de complaisant, et sa vérité fit grincer bien des dents, en particulier chez les faiseurs d’opinion ayant si souvent le mot « solidarité » à la bouche. Continuer la lecture de « « Et nous ne disons rien. » La grande leçon politique de Mère Teresa »