Les chrétiens doivent-ils rester les bras croisés ?

Dans un dossier sur les catholiques et la révolution, Famille chrétienne m’interroge sur le sens de l’action des chrétiens dans le monde. « Jésus a dit : “Mon Royaume n’est pas de ce monde.” Les chrétiens doivent-ils rester les bras croisés ? »


LA RÉPONSE À CETTE QUESTION est donnée par Jésus lui-même, que l’on trouve dans l’Évangile de Jean. Les chrétiens sont ceux que Jésus appelle « les hommes que son Père a pris au monde » pour les lui donner (Jn 17, 6). Ces hommes n’appartiennent plus au monde (Jn 17, 16) mais demeurent dans le monde (Jn 17, 11). Or Jésus ne prie pas son Père pour qu’ils attendent le Ciel comme s’ils devaient vivre dans une bulle provisoire : « Je ne prie pas pour que tu les retires du monde, mais pour que tu les gardes du Mauvais » (Jn 17, 15).

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Pourquoi une nouvelle rédaction des actes de baptême ?

Une note de la Conférence des évêques de France recommande une nouvelle rédaction des actes de baptême. Le but est de mieux répondre aux « situations nouvelles » des familles qui demandent le sacrement pour leur enfant. Traditionnellement, la priorité de l’Église est l’accueil de l’enfant. En aucun cas, il ne s’agit de modifier les conditions requises pour obtenir le baptême… ou le mariage. Mes explications pour Aleteia.

UNE ANNÉE après sa parution, une note de la Conférence des évêques sur la rédaction des actes de baptême revient sur le devant de la scène, à la suite d’incompréhensions venues d’interprétations abusives. La note, signée par Mgr Joseph de Metz-Noblat, évêque de Langres, suggère que les nouveaux formulaires pour l’enregistrement des actes de baptême ne comprennent plus les mentions de « père », de « mère » ni de « fils » et « fille » pour tenir compte de « la situation de plus en plus complexe des familles ». Que faut-il retenir et comprendre de cette volonté de changement ? La doctrine de l’Église sur le baptême et le mariage aurait-elle changé ? Pour saisir le sens de cette recommandation, il faut revenir au sens du baptême et aux conditions requises pour qu’un enfant soit baptisé. 

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Jean Sévillia : « Notre-Dame va devoir affronter de nouveaux dangers »

Notre-Dame a échappé au feu, mais elle devra affronter de nouveaux dangers : celui de la transgression et de la défiguration. Mais pour l’historien Jean Sévillia, qui explique cette volonté de détournement du patrimoine, l’âme de l’Église de France a les ressources pour traverser l’épreuve.

Quelle fut votre première impression à l’annonce de l’incendie de Notre-Dame ? 

Jean Sévillia. — Un effet de sidération, comme si la guerre était entrée à nos portes. Comme chrétien et comme Français, je me suis senti atteint au cœur. Puis après le choc mental, l’abattement, j’ai été touché par l’émotion nationale qui s’est exprimée dans tout le pays, y compris par la France laïque. Libération titre au lendemain de la tragédie : « Notre Drame ». Devant une catastrophe d’une telle ampleur, ce pays tellement laïcard, aux tendances christianophobes de plus en plus marquées, ne cache pas sa tristesse. Et l’on voyait bien que ce n’était pas seulement pour des raisons patrimoniales : il y avait autre chose. Dans l’inconscient collectif, même si personne ne l’avoue, la Sainte Vierge parle aux Français.

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L’étrange verdict contre le cardinal Pell

Reconnu coupable de pédophilie, le prélat australien a été condamné au terme d’un procès qui soulève des questions dans le monde entier (1er mars 2019).

LA CONDAMNATION du cardinal australien George Pell, reconnu coupable d’agression sexuelle sur mineurs dans les années 1990, suscite des interrogations chez les commentateurs qui suivent le dossier de près. Alors que ses avocats ont fait appel et que le prélat proclame toujours son innocence, un professeur de droit interrogé par le Guardian soutient que George Pell a de bonnes chances d’être lavé de ses accusations. Pour le professeur Jeremy Gans, expert en matière de procédure pénale et d’appel en droit de l’université de Melbourne, l’invocation du « critère déraisonnable » par l’accusation devrait emporter la décision. Les experts judiciaires interrogés par le quotidien confirment cet avis : selon cet argument, le jury a rendu un verdict sans preuve.

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Droit d’asile et droit d’exil : que dit l’Église ?

Une pétition lancée par le sociologue Edgar Morin dans Le Monde demande aux responsables religieux d’ouvrir largement les lieux de culte aux migrants. Le droit d’asile en usage dans les églises au Moyen Âge n’était pas sanctuarisé comme dans les temples païens. Si on pouvait ne pas céder aux mythes de la pensée magique, ce serait bien.

D’OÙ VIENT LA TRADITION du droit d’asile ? Sous l’Antiquité, l’usage est répandu. Dans la Grèce ancienne, le privilège d’inviolabilité (a-sylos : « qui ne peut être pillé, violenté ») était reconnu aux lieux sacrés et à quiconque se trouvait en contact avec eux. Avec l’affaiblissement des croyances, un droit d’asile spécifique fut reconnu par convention à certains grands sanctuaires, mais les Romains étaient a priori hostiles à ce droit. Continuer la lecture de « Droit d’asile et droit d’exil : que dit l’Église ? »

Avortement : non au vichysme mental !

A propos de l’éditorial de La Croix du 28 mai sur le référendum irlandais, « l’IVG au-delà de la loi », où l’on apprend que la vie de la mère ne vaut pas celle de l’enfant… « en devenir ».

LE PAPE FRANCOIS, citant le concile Vatican II, déclarait en avril 2014 que l’avortement est « un crime abominable ». Il ajoutait : « Il convient de rappeler la plus ferme opposition à toute atteinte directe à la vie, spécialement innocente et sans défense : le bébé dans le ventre maternel est l’innocent par excellence. » Enfin, à plusieurs occasions, il a vivement critiqué « la culture du déchet » si prégnante aujourd’hui. Continuer la lecture de « Avortement : non au vichysme mental ! »

Des crucifix dans les bâtiments publics en Bavière

Quel sens le crucifix peut-il avoir dans des bâtiments publics officiels ? La réponse donnée par le Bavarois Joseph Ratzinger : la croix est le signe que l’Etat n’a pas tous les pouvoirs.

LE CRUCIFIX n’est pas un « signe religieux », mais « l’expression de notre empreinte historique et culturelle » : c’est ainsi que le ministre-président de Bavière, Markus Söder, a justifié l’installation des crucifix dans les bâtiments appartenant à l’État bavarois. Il ne s’agit donc pas pour lui d’une atteinte à la neutralité de l’État, alors que les crucifix figurent déjà dans les écoles et les tribunaux, mais une « reconnaissance de son identité ». Continuer la lecture de « Des crucifix dans les bâtiments publics en Bavière »

L’Église et le droit de grève : un recours légitime, mais extrême

Faire pression en cessant de travailler ne peut jamais se justifier sans raisons graves. Revendiquer des droits dans les limites du bien commun, oui ; protéger des privilèges en prenant d’autres travailleurs en otage, non.

QUE DIT L’ÉGLISE DU DROIT DE GRÈVE ? Celui-ci est légitime s’il est « proportionné », après que toutes les possibilités d’éviter le conflit ont été tentées. Il faut surtout que la grève poursuive — pacifiquement — des objectifs liés aux seules conditions de travail relevant de la justice sociale et qu’ils ne soient pas contraires au bien commun. Dans son l’encyclique sociale Laborem exercens (LE), Jean Paul II précise que « les requêtes syndicales ne peuvent pas se transformer en une sorte d’“égoïsme” de groupe ou de classe » (LE, 20). Continuer la lecture de « L’Église et le droit de grève : un recours légitime, mais extrême »

Macron aux Bernardins et les vertiges du dialogue

Pour rendre service à la politique, l’Église doit se poser comme un interlocuteur lucide sur les manipulations de l’éthique de la discussion.

DEUX EVENEMENTS vont se télescoper aujourd’hui dans le monde catholique, en cette solennité de l’Annonciation — qui est aussi la fête de l’Incarnation : la publication de l’exhortation apostolique Gaudete et exsultate et en France, la rencontre entre le président Macron et le « monde catholique » au collège des Bernardins. Continuer la lecture de « Macron aux Bernardins et les vertiges du dialogue »

Jean Paul II, le pape qui a changé la donne

En mémoire du 2 avril 2005, je suis heureux de rediffuser l’hommage à Jean Paul II que le cher père André Manaranche sj m’avait donné pour honorer le saint pape, « maître pour l’histoire ». Difficile d’être plus pénétrant pour montrer comment le pape philosophe a renversé la logique des Lumières. « La nouvelle évangélisation n’est pas seulement religieuse : elle se joue au niveau de l’humanisme. »

AU BOUT DU COMPTE, Jean-Paul II aura refait la donne sur plusieurs points et contes­té radicalement les Lumières, tant en ce qui concerne la philosophie qu’en ce qui en découle au plan politique. Continuer la lecture de « Jean Paul II, le pape qui a changé la donne »