Le jésuite français n’a peur de rien

Les saints patrons secondaires du Canada sont des jésuites français. Leur martyre mérite d’être connu jusque dans les détails. Accrochez-vous.

LES JESUITES, on aime ou on n’aime pas, mais il est difficile de les trouver insignifiants. S’il y a bien un jésuite qui dérange en ce moment, n’est-ce pas le pape lui-même ? Aujourd’hui, l’Eglise fête les saints martyrs patrons secondaires du Canada qui étaient en fait des jésuites français : Jean de Brébeuf, Isaac Jogues, Gabriel Lalemant, Charles Garnier, Antoine Daniel, Noël Chabanel, René Goupil, Jean de La Lande, tous canonisés en 1930.

Le récit du martyre de nos jésuites glace le sang, mais il mérite d’être lu jusqu’au bout. Les détails de l’histoire ne sont pas neutres.

La palme revient au père Isaac Jogues qui aurait pu se soustraire une première fois à la torture des Iroquois en 1642. Après des supplices aussi inouïs que variés, il fut arraché à la mort et ramené en France. Peur, moi ? Jamais. L’homme est têtu : il revient au Canada en 1646, pour subir à nouveau les supplices raffinés des bons sauvages (Montaigne et Rousseau n’ont pas été informés, manifestement), en compagnie de ses coadjuteurs René Goupil et Jean de La Lande.

Jeu de massacre

Entre 1642 et 1649, c’est donc le jeu de massacre en Nouvelle France. En 1648, le père Antoine Daniel fut percé de flèches, achevé d’un coup de feu, dépouillé de ses habits et jeté dans le brasier de sa chapelle devenue la proie des flammes.

Quelques mois plus tard, le père Jean de Brébeuf (un Normand, je dis ça, je dis rien) et le père Gabriel Lalemant subissent à leur tour les plus affreux supplices.

Revue de détail : on pique d’abord le père de Brébeuf avec des alènes rougies au feu, on promène sur ses membres des tisons embrasés, on lui enlève la peau de la tête en forme de couronne. Pour l’empêcher d’exhorter ses fidèles, les bourreaux lui coupent les lèvres, la langue et le nez, lui fendent la bouche jusqu’aux oreilles, enfoncent un fer rouge dans sa gorge ; ils coupent des lambeaux de sa chair, les font rôtir et les mangent sous ses yeux. Ils jettent ensuite de l’eau bouillante sur sa tête, enduisent son corps de résine et le font griller lentement ; enfin, un chef iroquois lui arrache le cœur, le dévore et boit le sang du martyr.

Le père Lalemant subit un supplice du même genre pendant seize heures, avant d’avoir enfin le crâne fracassé à coups de hache.

Le sang des jésuites, semence de chrétiens. Nos frères canadiens ont de sacrés patrons.

 

 

Source : Evangelizo

Pour se détendre, une devinette : qui est le patron principal du Canada ? Saint Joseph.

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