Législatives : ne pas se tromper d’adversaires

Le bon vote est le vote pour le bien commun. Considérer que le bien commun est supérieur à ses « convictions » ou à ses « valeurs » est un exercice parfois difficile. C’est admettre que la politique n’est pas le lieu de l’affrontement entre le bien et le mal, mais le théâtre du meilleur possible, dans une réalité complexe. Bien voter, c’est bannir l’esprit de parti et les ambitions mal placées qui divisent au lieu de construire.

EN PERIODE TROUBLEE, le Français a une solution : moi ou le chaos. Cela donne 7.882 candidats aux législatives pour 577 places, soit 14 candidats par circonscription. Des hommes et des femmes courageux, au dévouement incontestable, certes, mais dont le nombre soulève un malaise. Continuer la lecture de « Législatives : ne pas se tromper d’adversaires »

Le vote blanc des catholiques

L’explosion du vote blanc lors du second tour de la présidentielle est la principale leçon de ce scrutin : il a été multiplié par plus de quatre entre les deux tours et a pulvérisé le précédent record de 1969 (6,4 %) pour atteindre 11,5 %. Parmi ces bulletins, le choix de nombreux catholiques qui, contrairement aux chiffres annoncés, ont donc moins voté pour Emmanuel Macron et Marine Le Pen que l’ensemble des Français.

LE SONDAGE IFOP/Pèlerin sur le vote des catholiques pratiquants réguliers au second tour donne 71% à Macron et 28% à Le Pen. Dans la mesure où le vote blanc qui n’a jamais été aussi élevé lors de ce scrutin sous la Ve République (11,50%), n’est pas indiqué, cette indication ne paraît ni juste, ni honnête, surtout si l’on considère que l’électorat catholique était particulièrement fondé à ne pas se retrouver dans l’offre politique de ce deuxième tour. Continuer la lecture de « Le vote blanc des catholiques »

Gagner le cœur de la France qui souffre, qui travaille et qui espère

Comment reconstruire ? La France périphérique, cette France abrutie par des années d’assistanat et de télévision débile, attend qu’on lui parle de ce qui est grand en elle.

LA LEçON PRINCIPALE de la présidentielle est celle-ci : 75% de la France pense et vit à gauche, même si cette gauche liquide est fracturée (libérale ou nationaliste) et pas nécessairement convaincue. Son seul point commun est dans l’individualisme de son mode de pensée, régulé par la technique et le marché d’un côté, par la force de l’autre. Continuer la lecture de « Gagner le cœur de la France qui souffre, qui travaille et qui espère »

Présidentielle : comment voter pour sortir du piège ?

Le second tour de l’élection présidentielle se présente sous la forme d’une confrontation entre deux manipulations politiques jumelles, aussi peu acceptables l’une que l’autre. Comment échapper au piège ? L’enjeu décisif de cette élection se jouera lors des législatives du mois de juin.

IL FAUT QUE TOUT CHANGE pour que rien ne change. La disparition des candidats des grands partis de gouvernement à l’issue du premier tour de la présidentielle donne l’apparence d’une modification en profondeur du paysage politique. Les partis dominants, demain, changeront peut-être, mais la réalité politique française demeure dans ses profondeurs. Continuer la lecture de « Présidentielle : comment voter pour sortir du piège ? »

Béatitudes de l’homme politique

Ces « Béatitudes de l’homme politique » sont l’oeuvre du cardinal François-Xavier Van Thuân, un saint homme de Dieu qui a connu les prisons communistes. Le texte m’a été remis par Mgr Giampaolo Crepaldi, alors secrétaire du Conseil Justice et Paix et ancien collaborateur du cardinal.

ÉVEQUE de Nha Trang, archevêque coadjuteur de Saigon, de famille princière, François-Xavier Nguyen Van Thuân fut détenu treize années dans les prisons communistes du Vietnam avant d’être exilé à Rome. Nommé président du Conseil pontifical Justice et Paix par Jean Paul II, il est mort en 2002. Le pape François vient d’autoriser la reconnaissance de ses vertus héroïques, ouvrant la voie à une possible béatification. Continuer la lecture de « Béatitudes de l’homme politique »

Le vote enseignant : de plus en plus à gauche… contre la gauche

Source IFOP, SOS-Education | À gauche, quoiqu’il arrive. Traditionnellement acquis à la gauche, le milieu enseignant (945 000 personnes en 2016) a rejeté le candidat PS Benoît Hamon et la réforme Vallaud-Belkacem mais soutenu Emmanuel Macron (38%) et Jean-Luc Mélenchon (23%). Seulement 15% des enseignants de France votent à droite : l’école de la République est-elle libre ?

UN SONDAGE Ifop pour SOS-Education s’est intéressé au positionnement des enseignants vis-à-vis des principales propositions des candidats. L’étude, qui porte sur les intentions de vote, montre que le corps enseignant français demeure un monobloc de gauche dominant, malgré ses divisions internes. Continuer la lecture de « Le vote enseignant : de plus en plus à gauche… contre la gauche »

Les catholiques renforcent leur poids relatif au sein de la droite modérée

Analyse du scrutin du 23 avril. Le noyau dur de l’électorat catholique est resté fidèle à la droite modérée. Si les catholiques renforcent leur poids relatif chez les Républicains en raison de l’érosion des résultats de la droite, la dispersion de leur vote n’est pas sans effet sur le résultat global de l’élection.

LE SCRUTIN du 23 avril l’a confirmé : les catholiques votent toujours très largement à droite. Éliminé de la compétition du second tour avec 20% des suffrages exprimés, François Fillon était soutenu par 28% des catholiques, mais par 55% des catholiques pratiquants réguliers. Continuer la lecture de « Les catholiques renforcent leur poids relatif au sein de la droite modérée »

Voter pour le meilleur possible

Ce dimanche, premier tour de l’élection présidentielle. Chaque scrutin permet de s’interroger sur le sens de son vote : pourquoi voter, comment voter ? C’est surtout l’occasion de réfléchir en tant que chrétien à sa responsabilité politique. Car l’élection est un acte politique avant tout. « Politique », pas religieux, ni même moral.

UNE TENTATION revient toujours à chaque élection chez les citoyens de conviction : voter pour le bien, ou contre le mal. Autrement dit, choisir comme si le bien et le mal dans la société dépendaient des urnes. Cette vision relève d’un moralisme inspiré par un certain relativisme démocratique : le bien et le mal ne dépendent d’aucune majorité. Continuer la lecture de « Voter pour le meilleur possible »

Vote utile ou vote de conviction ?

Pour le chrétien, l’opposition vote utile ou vote de conviction est une fausse question. Le vote utile sans conviction n’est pas moralement recevable, pas plus que le vote de conviction inutile. Voter juste, c’est choisir selon la vertu de prudence. Le vote prudent, c’est le vote utile pour ses convictions au service du bien commun.

LA CONTROVERSE entre partisans du vote utile et partisans du vote de conviction est à la mesure de la fascination exercée par le pouvoir et ses promesses. Le débat est d’autant plus vif qu’il s’exprime dans le même camp. Cette opposition est-elle pertinente ? Je ne le crois pas. Commençons par définir les termes. Continuer la lecture de « Vote utile ou vote de conviction ? »

Un chrétien peut-il voter pour le “moindre mal” ?

Comment concilier le respect de ses principes avec ses engagements dans une réalité politique hostile ? Pour le chrétien, il est légitime de voter pour un candidat imparfait, à condition de ne pas voter pour ses imperfections. Explication.

LE VOTE CHRETIEN doit-il se déterminer uniquement sur la position des candidats concernant les normes fondamentales qui constituent le socle moral de la société ? La réponse est non. Ce point de vue n’est pas soutenu par la tradition biblique et chrétienne de la responsabilité politique. Le seul critère est celui du bien commun, qui suppose la référence à ces normes intangibles, mais qui ne fonctionne pas comme un catalogue de principes. Continuer la lecture de « Un chrétien peut-il voter pour le “moindre mal” ? »