Au nom des droits de l’homme, l’ONU veut s’opposer au droit à la vie

« Nous sommes contre. » Un collectif de 110 juristes, auquel je suis associé comme journaliste, s’oppose au Comité des droits de l’homme de l’ONU qui encourage les États à faciliter le prétendu droit à l’avortement et à l’euthanasie. Tribune publiée par Causeur.

RENÉ CASSIN, un Français, est à l’origine de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. D’une valeur juridique non contraignante mais d’une portée exceptionnelle après la fin de la barbarie nazie, cette Déclaration a été convertie en un instrument juridiquement contraignant : le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, adopté à New York en 1966 et ratifié par 168 États. Continuer la lecture de « Au nom des droits de l’homme, l’ONU veut s’opposer au droit à la vie »

Roland Hureaux : « La provocation indépendantiste de la Catalogne condamne l’Europe des régions »

Mon interview dans Aleteia de Roland Hureaux, ancien haut fonctionnaire et diplomate, sur les origines de la crise politique en Catalogne et ses conséquences en Europe.

La tentative de coup de force séparatiste de la part de la Generalitat de Catalunya, a révélé une crise du modèle fédéral du royaume d’Espagne. Pourtant ce modèle paraissait équilibré, comme une bonne illustration du principe de subsidiarité. Cette crise était-elle prévisible ?

Roland Hureaux. — Je ne crois pas que ce que vous appelez le modèle fédéral espagnol ait jamais atteint son point d’équilibre. Il ne résulte nullement de l’application du principe de subsidiarité, mais du contexte particulier de l’Espagne. Certaines régions espagnoles comme la Catalogne ou le Pays basque sont caractérisées depuis longtemps par un particularisme, dû notamment à l’existence d’une langue propre. Continuer la lecture de « Roland Hureaux : « La provocation indépendantiste de la Catalogne condamne l’Europe des régions » »

Jean Sévillia : « L’Autriche va changer la donne en Europe »

AU COEUR DE L’EUROPE, l’Autriche redonne le pouvoir aux conservateurs. Peu de réels changements en perspective, mais une inflexion régionale certaine qui pèsera sur la politique de l’Union européenne. Mon interview parue sur Aleteia de l’historien Jean Sévillia, spécialiste de l’Autriche et biographe du Dernier Empereur (Perrin).

Le futur chancelier, le très jeune Sebastian Kurz (31 ans), annonce l’ouverture de négociations avec le FPÖ, classé à l’extrême-droite selon les standards médiatiques, pour constituer le nouveau gouvernement. Cela provoque l’indignation dans les capitales européennes. Faut-il s’attendre à un bouleversement politique régional ?

Jean Sévillia. — Les Autrichiens n’ont pas une approche idéologique de la politique comme  les Français qui projettent volontiers leurs schémas hexagonaux sur une réalité totalement différente. À Vienne, les coalitions gouvernementales se négocient sur des programmes, de manière purement pragmatique, aussi bien entre conservateurs et sociaux-démocrates qu’entre sociaux-démocrates et populistes de droite. Kurz ne fait que proposer la reconduction de l’alliance conservateurs-nationaux populistes qui a gouverné l’Autriche entre 2000 et 2007. À l’époque, cette alliance avait soulevé un tollé en Europe. Jacques Chirac avait appelé à des sanctions européennes… qui ont été levées après six mois quand il a bien fallu s’apercevoir que l’Autriche restait un État de droit où les institutions démocratiques continuaient de fonctionner ! Continuer la lecture de « Jean Sévillia : « L’Autriche va changer la donne en Europe » »

Nucléaire iranien : pourquoi Téhéran dérange Trump

L’isolationnisme de Trump devait trouver avec l’Iran son meilleur allié. Il en a fait son pire ennemi.

1 – LA QUESTION NUCLEAIRE IRANIENNE, centrale dans la communication politique n’est pas le cœur du problème iranien. Si l’Iran est confiné d’un point de vue économique, c’est pour une raison très différente : ce pays est le laboratoire de la contre-mondialisation. S’il dérange, c’est qu’il a mis au point un système idéologique extrêmement élaboré prônant le rétablissement des frontières, la perpétuation des identités et désignant comme ennemi le mondialisme et son moteur. Continuer la lecture de « Nucléaire iranien : pourquoi Téhéran dérange Trump »

Corée : pourquoi la guerre est peu probable

La péninsule coréenne est au carrefour des luttes immuables entre les empires maritimes et les puissances continentales. Derrière les tensions actuelles, qu’il faut décrypter à la lumière de l’histoire, de discrètes forces centrifuges tendent à rapprocher les Corées et à les intégrer dans l’économie mondiale.

UNE OFFICINE britannique déclarait récemment que le risque de guerre était à prendre au sérieux en Corée. Cette annonce mérite quelques réflexions.

1- Le duel rhétorique entre Donald Trump et Kim-Jong-un profite aux deux présidents. Il permet aux États-Unis en pleine rétractation géopolitique de donner l’illusion de la puissance. Il permet d’autre part au président de la Corée du Nord de négocier en position plus avantageuse le prochain accord nucléaire. Continuer la lecture de « Corée : pourquoi la guerre est peu probable »

Carnet de voyage : « En flânant à travers Téhéran »

Impressions de voyage de l’auteur à Téhéran. Thomas Flichy de La Neuville a publié L’Iran au-delà de l’islamisme (L’Aube, 2013) et dirigé avec Antoine de Prémonville Géopolitique de l’Iran (PUF, 2015).

JE FUS SAISI à ma descente d’avion par cette espèce d’odeur un peu âcre qui me rappelait que j’avais retrouvé Téhéran la miséreuse et son haleine pétrolière. Le temps d’attendre une heure en compagnie d’un acheteur de tapis italien et d’un allemand en mission interlope, je me frayai un chemin dans la rue, égayé par le concert étrange des imperceptibles coups de klaxon qui accompagne le flot anarchique des voitures. L’on circule bien la nuit sous les banderoles à la gloire du régime et il me fallut attendre la chaleur du jour suivant pour examiner la façon dont la ville avait changé. Continuer la lecture de « Carnet de voyage : « En flânant à travers Téhéran » »

Retour de Total sur le marché iranien : une victoire diplomatique de premier plan

L’Iran et Total signent lundi 3 juillet un contrat de 4,8 milliards de dollars pour l’exploitation du champ gazier de South Pars. Cette réussite s’explique pour des raisons stratégiques propres au groupe Total, mais également culturelles et géopolitiques. Décryptage de Thomas Flichy de La Neuville.

LE GROUPE TOTAL, dont la représentation est située dans les quartiers nord de Téhéran, n’a jamais mis fin à sa présence en Iran. Même au plus fort de la crise, le groupe a tenu à conserver une représentation sur place. Ceci était d’autant plus intelligent que la France avait adopté une position très dure vis-à-vis de l’Iran, à l’inverse de l’Italie, l’Espagne ou l’Allemagne, qui avaient poursuivi leurs affaires sur place. C’est donc la stratégie de modération et de réalisme propre au groupe français qui a payé. Le ministre iranien des Affaires étrangères faisait une discrète visite en France la semaine dernière afin de mettre une touche finale aux négociations.  Continuer la lecture de « Retour de Total sur le marché iranien : une victoire diplomatique de premier plan »

Frappe US en Syrie : la nuit des dupes masquait un joli de coup de billard

Les armées opèrent régulièrement des frappes sur des hangars vides afin de calmer les politiques. Pour Trump, il s’agit de s’emparer des leviers du pouvoir.

1– LA FRAPPE de cette nuit [du 7 avril] montre le retour en force des néoconservateurs au sein de l’appareil d’État américain. Ceux-ci étaient en compétition avec les isolationnistes prorusses mais ont réussi à éliminer successivement le général Flynn puis Steve Bannon. Donald Trump leur a donné un gage symbolique cette nuit. Ceci va satisfaire les lobbys de l’armement qui craignaient par-dessus tout la fin des guerres américaines. Ceci va également satisfaire Israël dont les États-Unis se sont rapprochés. La frappe permet enfin de rassurer l’électorat américain qui était gêné par le rapprochement américano-russe. Elle lui donne l’illusion que l’Amérique demeure encore forte et indépendante.  Continuer la lecture de « Frappe US en Syrie : la nuit des dupes masquait un joli de coup de billard »

Géopolitique : les États-Unis sur le chemin de la conversion au réalisme

A propos du rapport « Tendances mondiales 2035 » du Conseil national du renseignement américain : « Le paradoxe du progrès ».

LE NATIONAL INTELLIGENCE COUNCIL vient de publier son nouveau rapport de prospective pour 2035. Prenant le contrepied du précédent — dont les prévisions s’étaient révélées à l’opposé de ce qu’il advint — ce dernier s’est plié à un soupçon d’exigence et par conséquent de réalisme. Il est intitulé Paradox of Progress. Continuer la lecture de « Géopolitique : les États-Unis sur le chemin de la conversion au réalisme »

Les généraux de Trump, confesseurs du Président et gardiens de la cité

Trois grands professionnels pour conseiller le nouveau président américain : une même expérience, mais des écoles différentes.

DONALD TRUMP a désormais nommé trois généraux afin d’occuper les plus hautes fonctions de l’État américain : Michael Flynn sera Conseiller à la Sécurité nationale, James Mattis, secrétaire à la Défense, et John Kelly, secrétaire à la Sécurité intérieure. Cette militarisation de la haute administration ne doit pas nous étonner. Elle est inhérente aux temps de renaissance consécutifs à une crise impériale très grave. Continuer la lecture de « Les généraux de Trump, confesseurs du Président et gardiens de la cité »