Blaise Pascal aux officiers, de la gloire et de la guerre

Sachant que l’âme de Blaise Pascal errait aux alentours de Port-Royal au moment de la Toussaint… et du 11 novembre, la Gloire la pria de lui accorder un entretien. Elle vient d’envoyer les minutes de cette conversation à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr. Message aux élèves officiers.

LA GLOIRE : Je vous couronnais jadis, vous trouvant grand philosophe…

BLAISE PASCAL : Se moquer de la philosophie, c’est vraiment philosopher.

La Gloire : Ces mots ravissent mon esprit militaire et seraient très appréciés par mes soldats. Pensez-vous qu’ils soient les grands incompris de ce siècle ?

Blaise Pascal : En parlant des soldats, ils sont bien fous, dit‑on. Et les autres au contraire : il n’y a rien de grand que la guerre, le reste des hommes sont des coquins. Continuer la lecture de « Blaise Pascal aux officiers, de la gloire et de la guerre »

Emmanuel Macron ou le droit du plus fort

Dans cette tribune publiée par Famille chrétienne, réflexion sur le double langage macronien : dans la jungle apaisée du « premier de cordée », la vie est sacrée à condition d’en disposer si la collectivité le désire. Il suffit d’en débattre.

PROMESSE TENUE, les députés ont voté la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et son remplacement par un impôt sur la fortune immobilière (IFI). La mesure, qui vise à réorienter l’épargne vers le financement des entreprises, est diversement appréciée, notamment par les familles qui se constituent un patrimoine immobilier transmissible. Continuer la lecture de « Emmanuel Macron ou le droit du plus fort »

Hommage à Christine Boutin

Après quarante années de vie politique, l’élue des Yvelines démissionne de son dernier mandat. Son rôle dans la défense de la vie humaine ne fit pas toujours l’unanimité mais restera un exemple.

CHRISTINE BOUTIN quitte la vie politique. Je veux lui témoigner ma reconnaissance. Elle fut longtemps seule à porter dans le monde politique la voix des sans-voix, menacés dans le sein de leur mère au nom de la loi. Sa voix relevait vraiment de l’indignation prophétique face à la montée de la culture de mort. Seule contre tous. Continuer la lecture de « Hommage à Christine Boutin »

Le jésuite français n’a peur de rien

Les saints patrons secondaires du Canada sont des jésuites français. Leur martyre mérite d’être connu jusque dans les détails. Accrochez-vous.

LES JESUITES, on aime ou on n’aime pas, mais il est difficile de les trouver insignifiants. S’il y a bien un jésuite qui dérange en ce moment, n’est-ce pas le pape lui-même ? Aujourd’hui, l’Eglise fête les saints martyrs patrons secondaires du Canada qui étaient en fait des jésuites français : Jean de Brébeuf, Isaac Jogues, Gabriel Lalemant, Charles Garnier, Antoine Daniel, Noël Chabanel, René Goupil, Jean de La Lande, tous canonisés en 1930.

Le récit du martyre de nos jésuites glace le sang, mais il mérite d’être lu jusqu’au bout. Les détails de l’histoire ne sont pas neutres. Continuer la lecture de « Le jésuite français n’a peur de rien »

PMA : le trouble des Français

L’ouverture de la PMA aux couples de femmes et aux femmes célibataires a suscité une opposition inattendue, notamment à gauche. En attendant, les sondages révèlent comment l’opinion peut être manipulée : les Français achètent l’égalité pour tous, mais ne veulent pas d’enfants fabriqués sans père.

MARLENE SCHIAPPA, secrétaire d’État à l’Égalité entre les femmes et les hommes, a annoncé que l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes serait proposée dans le cadre de la révision de la loi bioéthique en 2018. Cette annonce a relancé un débat sensible sur le droit à l’enfant et à terme sa marchandisation, la gestation pour autrui (GPA) étant le prolongement logique de la PMA. Si au nom de « l’égalité » toutes les femmes ont la possibilité d’avoir un enfant, pourquoi « tous les hommes » n’y auraient pas droit eux aussi ? Continuer la lecture de « PMA : le trouble des Français »

Le défi conservateur : pas si simple

Trahie par la gauche, déçue par la droite, la France s’est livrée sans résistance au libéralisme macronien. Réputés conservateurs, les Français sont profondément imprégnés par un relativisme de gauche qui est le principal obstacle au retour de la droite au pouvoir. Le retour conservateur ? Pas si simple.

LA GRANDE VERTU de l’élection d’Emmanuel Macron est d’avoir montré que la France ne croyait plus dans la gauche, mais qu’elle n’espérait plus non plus dans la droite. Elle s’est livrée par dépit à la synthèse des deux : le « syncrétisme conciliant » macronien (le concept est du cardinal Bergoglio), un bonapartisme libertaire qui n’enthousiasme personne. Si donc une alternative est possible, c’est au prix d’un changement radical de la droite et de la gauche. Continuer la lecture de « Le défi conservateur : pas si simple »

Carnet de voyage : « En flânant à travers Téhéran »

Impressions de voyage de l’auteur à Téhéran. Thomas Flichy de La Neuville a publié L’Iran au-delà de l’islamisme (L’Aube, 2013) et dirigé avec Antoine de Prémonville Géopolitique de l’Iran (PUF, 2015).

JE FUS SAISI à ma descente d’avion par cette espèce d’odeur un peu âcre qui me rappelait que j’avais retrouvé Téhéran la miséreuse et son haleine pétrolière. Le temps d’attendre une heure en compagnie d’un acheteur de tapis italien et d’un allemand en mission interlope, je me frayai un chemin dans la rue, égayé par le concert étrange des imperceptibles coups de klaxon qui accompagne le flot anarchique des voitures. L’on circule bien la nuit sous les banderoles à la gloire du régime et il me fallut attendre la chaleur du jour suivant pour examiner la façon dont la ville avait changé. Continuer la lecture de « Carnet de voyage : « En flânant à travers Téhéran » »

Le cardinal de Retz, mots d’esprit pour temps de troubles

A lire ou relire, quelques traits extraordinairement lucides sur la métamorphose d’un État en temps de guerre civile.

JEAN-FRANçOIS DE GONDI se savait trop léger pour prétendre s’emparer du pouvoir. Cet agitateur professionnel nous a pourtant légué, au fil de ses Mémoires, quelques traits extraordinairement lucides sur la métamorphose de l’État en temps de guerre civile. Continuer la lecture de « Le cardinal de Retz, mots d’esprit pour temps de troubles »

Avortement : le vice initial de la loi de 75

La mort de Simone Veil a réveillé le débat tragique sur la légitimité et l’évolution de la loi de 1975 dépénalisant l’avortement. La loi Veil a pu être jugée inacceptable en raison de sa rédaction ambiguë, affirmant tout et son contraire, ouvrant la porte à toutes les dérives, mais discutable comme loi de tolérance. Dans les faits, la dépénalisation est devenue criminogène : était-ce l’intention initiale ? Sans doute pas, mais elle portait atteinte au bien commun, ce que personne n’a voulu admettre dès l’origine.

LA LEGISLATION actuelle sur l’IVG ne correspond plus à l’équilibre que Simone Veil souhaitait atteindre en 1975, argumente Chantal Delsol dans le Figaro du 3 juillet à l’occasion de la mort de l’ancien ministre de la Santé [1]. Le sujet abordé et la manière dont il a été traité par la philosophe soulèvent des questions trop importantes pour ne pas appeler leur approfondissement. Continuer la lecture de « Avortement : le vice initial de la loi de 75 »

Simone, l’icône trop parfaite

Tout avortement est un drame, disait Simone Veil. C’est désormais sa loi qui est un drame pour la France. La loi de 1975 se voulait une loi de tolérance limitée : elle a ouvert la voie à toutes les transgressions. Au nom du droit, l’enfant est devenu une chose. Cette mécanique infernale de l’enchaînement du mal procède toujours par le mensonge et la manipulation, comme le rappelle l’historien Jean Chaunu (Le Paradigme totalitaire, FX de Guibert, 2009).

QUAND UN GENOCIDE qui ne peut pas encore dire son nom est décidé contre l’être le plus vulnérable, le plus faible, le plus originel et le plus originaire qui soit, il ne peut l’être par définition qu’avec le consentement tacite du plus grand nombre qui participe de son intimité même. L’historien Götz Aly (Comment Hitler a acheté les Allemands : Le IIIe Reich, une dictature au service du peuple, Flammarion, 2005) l’avait montré à propos de la « loi T4 »[1]. Continuer la lecture de « Simone, l’icône trop parfaite »