Fr. Olivier-Thomas Venard :
« Le salut apporté par Jésus
n’est d’aucun parti »

Le soir du 24 décembre, France 2 a tenté en quelques minutes une fresque « politique » de la vie de Jésus. « De quel parti était le Messie ? » Interrogé par la chaîne française, le frère Olivier-Thomas Venard, professeur de Nouveau Testament et vice-directeur de l’École biblique de Jérusalem, a recadré le sujet. « Jésus ne fait pas de politique mais il est le seul à faire de la politique. » Mon interview du dominicain, pour Aleteia.

Aleteia. —Jésus était-il un révolutionnaire ? Un agitateur ?

Fr. Olivier-Thomas Venard. — Si un révolutionnaire est quelqu’un qui use de violence, non, ce ne fut pas le cas de Jésus, à la différence d’autres Judéens ou Galiléens de son époque ou des « zélotes » qui luttèrent contre l’occupation romaine, dans la génération qui le suivit. Cependant, le fait est que Jésus fut mis à mort comme un agitateur, avec sur son poteau d’exécution ce panneau d’accusation si énigmatique : « INRI — Jésus de Nazareth roi des Juifs. » Pour les Romains en charge du maintien de l’ordre en Judée, en même temps que d’une moquerie anti-juive, il s’agit clairement un motif politique. Et de fait, à sa manière, Jésus renverse l’ordre établi et peut être décrit comme révolutionnaire. Continuer la lecture de « Fr. Olivier-Thomas Venard :
« Le salut apporté par Jésus
n’est d’aucun parti » »

Fr. Olivier-Thomas Venard :
« À Jérusalem, réintroduire
du “religieux” est un jeu dangereux »

Le frère Olivier-Thomas Venard op, vit et travaille à l’École biblique et archéologique française de Jérusalem depuis près de dix-sept ans. Directeur du programme de recherches La Bible en ses Traditions, auteur de deux ouvrages et de plusieurs articles sur la situation en Terre sainte, il répond à mes questions pour Aleteia sur l’impact de la position américaine concernant le statut de Jérusalem.

Aleteia. — Le président américain, Donald Trump, a annoncé, mercredi 6 décembre, que les États-Unis reconnaissaient désormais Jérusalem comme capitale d’Israël. Cette promesse de campagne a déchaîné des violences dans le monde arabe, et la désapprobation générale dans les chancelleries. Quel est le contexte historique de cette annonce ? Comment peut-elle s’expliquer ?

Fr. Olivier-Thomas Venard. — On peut essayer de le comprendre de trois façons, aucune n’est très satisfaisante. Du point de vue de Donald Trump lui-même — la décision a été prise semble-t-il contre l’avis de son secrétaire d’État et de son ministre de la Défense —  il s’agit de bouleverser la donne, pour faire surgir une nouvelle solution, un meilleur « deal », comme il dirait… Continuer la lecture de « Fr. Olivier-Thomas Venard :
« À Jérusalem, réintroduire
du “religieux” est un jeu dangereux » »

Comment naquirent les crèches
familiales ?

Paradoxe de l’histoire : c’est à la République qu’on doit l’expansion des crèches dans les foyers français.

LA TRADITION attribue à saint François d’Assise la première crèche de Noël. Mais l’histoire de la crèche s’inscrit d’abord dans l’histoire de la représentation de la Nativité. Continuer la lecture de « Comment naquirent les crèches
familiales ? »

La crèche du maire qui ne lâche rien

Au cœur de la Bourgogne, une petite crèche venue de Palestine fait de la résistance.

LE MAIRE de Paray-le-Monial expose dans le hall de sa mairie une crèche en nacre offerte par le maire d’une commune de Palestine, avec laquelle sa ville est jumelée : Bethléem. Dans un contexte de laïcité chatouilleuse, le jumelage culturel entre les deux petites villes devrait pouvoir gommer les susceptibilités idéologiques. Mais l’initiative a un précédent douloureux. Continuer la lecture de « La crèche du maire qui ne lâche rien »

Strasbourg : le prêtre a le droit
de présider l’université

Insolite : le président de l’Université de Strasbourg est prêtre. Un statut que lui contestent certains syndicats.

PROFESSEUR DE THEOLOGIE, Michel Deneken enseigne à l’université de Strasbourg depuis 1989. Il a été élu en décembre 2016 par le conseil d’administration pour un mandat de quatre ans à la présidence de l’Université de Strasbourg. Mais cela ne plaît pas à tout le monde. Continuer la lecture de « Strasbourg : le prêtre a le droit
de présider l’université »

Laïcité : une nouvelle affaire
de croix litigieuse dans
un cimetière

Dans ce village de la Creuse, le maire veut retirer la croix de la grille du cimetière communal, une croix qui, en vieillissant, s’est mise subitement à perturber le vivre-ensemble.

À SAINT-SULPICE-le-GUERETOIS (Creuse), le maire de la commune, Claude Guerrier, souhaite retirer la croix du portail du cimetière. « Cette démarche ne se veut pas polémique, ce n’est pas contre le catholicisme, prévient-il, mais le cimetière est un espace public partagé où tout le monde a accès, quelles que soient ses croyances, convictions ou absence de croyances. » Continuer la lecture de « Laïcité : une nouvelle affaire
de croix litigieuse dans
un cimetière »

L’empreinte que le cardinal Vingt-Trois laissera à Paris

Le cardinal André Vingt-Trois a remis au pape François sa lettre de renonciation le 7 novembre dernier. Une messe d’action de grâce pour les douze ans de son épiscopat au service de l’Église à Paris sera célébrée le 16 décembre à la cathédrale Notre-Dame. Son successeur sera Mgr Michel Aupetit, qui fut son vicaire général avant d’être évêque de Nanterre.

ORDONNE PRETRE en 1969, André Vingt-Trois est un Parisien pur souche. Né en 1942, il entre à vingt ans au séminaire St-Sulpice d’Issy-les-Moulineaux. Sa première nomination le conduit à la paroisse Ste-Jeanne-de-Chantal où il trouve comme curé le père Jean-Marie Lustiger : une rencontre décisive qui marquera son parcours de prêtre, de professeur et d’évêque. Les deux hommes ne se quitteront pratiquement plus. Continuer la lecture de « L’empreinte que le cardinal Vingt-Trois laissera à Paris »

« Notre Père » :
la prière dans la tentation

La nouvelle traduction du Notre Père, qui entre en vigueur ce premier dimanche de l’Avent, a donné lieu à beaucoup de commentaires sur la « soumission », mais fort peu sur la « tentation ». Qu’est-ce que la tentation ? Pourquoi Dieu l’a-t-il permise ? Méditation sur ce mystère de la condition humaine, avec Jorge Mario Bergoglio, le futur pape François.

LA TRADUCTION du nouveau Notre Père n’a pas raté son entrée. Entre les débats avertis et les polémiques incongrues, la prière enseignée par Jésus a pris un vrai coup de jeune. Il faudra tout de même s’habituer. À partir de ce premier dimanche de l’Avent (3 décembre 2017), nous ne dirons plus « Ne nous soumets pas à la tentation » mais « Ne nous laisse pas entrer en tentation ». Continuer la lecture de « « Notre Père » :
la prière dans la tentation »

Mère Myriam de Cognac, au centre de l’Étoile

En mémoire de Mère Myriam de la Trinité, prieure du carmel de Cognac.

UNE GRANDE FIGURE de l’Église de France s’en est allée. Derrière ses grilles, Mère Myriam de la Trinité, prieure du Carmel de Cognac, veillait sur des milliers de destins. , âmes d’élites ou cabossés de la vie, tous membres d’un invraisemblable réseau de libertés singulières voulues pour laisser leurs traces au service de l’Église, de la France ou plus simplement du quotidien, dans la pauvreté de leur condition. Mère Myriam était au centre de l’Étoile. Elle ne demandait rien mais savait tout, partageait la vie de tous jusque dans ses détails les plus humbles, avec une céleste humanité. Du fond de son cloître, grâce à ses multiples fils et filles spirituels, elle n’ignorait rien de la vie de l’Église et du monde. Continuer la lecture de « Mère Myriam de Cognac, au centre de l’Étoile »

Le cimetière gardera la croix de son portail

Dans ce petit village du Poitou, les habitants ont obtenu de la justice le maintien de la croix du portail de leur cimetière : par chance, elle était née avant 1905. Depuis la loi de séparation, les croix n’ont plus le droit de naître.

LA CROIX dans l’espace public fait encore parler d’elle. Il s’agit cette fois du cimetière du village de Prinçay (Vienne), dont le portail surmonté d’une croix est jugé contraire à la laïcité par un retraité de Périgueux (Dordogne). En 2014, Philippe Bonn avait saisi le tribunal administratif de Poitiers au nom de la mémoire de son père, « déiste et républicain convaincu », inhumé dans le cimetière. Continuer la lecture de « Le cimetière gardera la croix de son portail »