François, l’héritier de Benoît XVI ?

Benoît XVI avait-il pressenti qui serait son successeur ? Il savait en tout cas que l’avenir de l’Église dépendait pour une grande part du cardinal Bergoglio, et il a tout fait pour l’aider. Une révélation, sous forme d’hypothèse très étayée, à découvrir dans la biographie de François le réformateur par Austen Ivereigh (Ed. de l’Emmanuel) dont j’ai donné une longue présentation dans Aleteia, et dont voici une synthèse centrée sur sa proximité avec Benoît XVI, parue sur le site de l’OSP du diocèse de Fréjus-Toulon.

POUR SAISIR LE SENS DU PONTIFICAT du pape François, il faut se placer dans le temps long, c’est-à-dire à la lumière de sa vie de prêtre, d’évêque et de cardinal dans l’histoire de son pays et de l’Église elle-même. C’est le défi qu’a relevé avec efficacité l’auteur Austen Ivereigh dans la biographie, François le réformateur – De Buenos Aires à Rome, un travail qui fera référence par son sérieux et sa hauteur de vue. Journaliste anglais, fondateur du projet CathoVoice, Ivereigh a soutenu une thèse sur les relations entre l’Église et la politique en Argentine : il connaît donc parfaitement son sujet. Son enquête est précise et documentée et ses cinq cent pages se lisent comme un roman. Continuer la lecture de « François, l’héritier de Benoît XVI ? »

Un évêque ne démissionne pas,
il « renonce »

Le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, a fêté ce mardi 7 novembre son 75e anniversaire. Selon le droit canonique, il a remis au pape sa « démission ». La formule exacte est « renonciation ».

UN EVEQUE (ou un archevêque) ne démissionne pas de sa fonction, il « renonce » à son « office ». Selon le canon 401, « l’évêque diocésain qui a atteint soixante-quinze ans accomplis est prié de présenter la renonciation à son office au pontife suprême qui y pourvoira après examen de toutes les circonstances ».

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il « renonce » »

Congrès « Mission » : de 1992 à 2017, le même désir d’innovation et de fidélité

À l’occasion de l’édition 2017 du congrès Mission, Claire Kesraoui m’a interrogé pour France catholique sur le lointain congrès Mission de 1992 et les points communs entre les deux initiatives. Innovation et fidélité dans l’unité : les temps changent, l’Église ne vieillit jamais.

DEPUIS 2015, le congrès Mission organisé par les équipes de Raphaël Cornu-Thénard (Anuncio), Samuel Pruvot (Aïn Karem), Florence de Leyritz (Cours Alpha) et Arnaud Bouthéon, en partenariat avec la Communauté de l’Emmanuel, réunit chaque année les chrétiens qui se sentent appelés au réveil missionnaire de l’Église de France. Le temps d’un week-end à l’automne, les participants réfléchissent ensemble aux moyens concrets de proposer la foi dans les familles, au travail, sur l’Internet, dans l’espace public.

France catholique. — Avant le premier congrès Mission en 1992, il y eut le congrès des « Apôtres pour l’an 2000 » à Versailles en 1988 : comment sont nées ces initiatives ?

L’intuition d’origine était de montrer aux jeunes catholiques que la « nouvelle évangélisation » à laquelle les appelait Jean Paul II n’était pas la mer à boire, mais consistait d’abord à vivre en chrétien à travers son devoir d’état, sans complexe, quel que soit son état de vie. La méthode était celle du témoignage : réunir tous les visages de l’Église de France, à travers la réalité de ses fidèles et de leur vie, pas nécessairement connue, et leur extrême diversité. Montrer que derrière cette diversité – jeunes et moins jeunes, laïcs et religieux, artisans et intellectuels, bien portants et malades, contemplatifs et apostoliques, charismatiques et traditionnalistes, c’était la même radicalité évangélique qui était vécue.  Continuer la lecture de « Congrès « Mission » : de 1992 à 2017, le même désir d’innovation et de fidélité »

Hommage à Christine Boutin

Après quarante années de vie politique, l’élue des Yvelines démissionne de son dernier mandat. Son rôle dans la défense de la vie humaine ne fit pas toujours l’unanimité mais restera un exemple.

CHRISTINE BOUTIN quitte la vie politique. Je veux lui témoigner ma reconnaissance. Elle fut longtemps seule à porter dans le monde politique la voix des sans-voix, menacés dans le sein de leur mère au nom de la loi. Sa voix relevait vraiment de l’indignation prophétique face à la montée de la culture de mort. Seule contre tous. Continuer la lecture de « Hommage à Christine Boutin »

La vie de François, le réformateur

À propos d’Austen Ivereigh, François le réformateur – de Buenos Aires à Rome (Éditions de l’Emmanuel, 2017). La biographie de référence pour comprendre le sens véritable du pontificat du premier pape américain de l’histoire.

C’EST LE BIOGRAPHE DE REFERENCE de Jean Paul II, l’américain George Weigel, qui le dit : « Avec François le réformateur, Ivereigh offre à ce jour le meilleur récit des événements fondateurs de la vie et de la pensée de Jorge Mario Bergoglio. » Si l’on veut comprendre son pontificat, la première chose à faire est de plonger dans le temps long de l’existence de celui qui deviendra le premier pape américain de l’histoire. Grâce à l’enquête très documentée d’Austen Ivereigh, écrite comme un roman, nous pénétrons le mystère d’une vocation, avec les clés théologique, psychologique et politique qui nous en donne le sens véritable. Continuer la lecture de « La vie de François, le réformateur »

Le jésuite français n’a peur de rien

Les saints patrons secondaires du Canada sont des jésuites français. Leur martyre mérite d’être connu jusque dans les détails. Accrochez-vous.

LES JESUITES, on aime ou on n’aime pas, mais il est difficile de les trouver insignifiants. S’il y a bien un jésuite qui dérange en ce moment, n’est-ce pas le pape lui-même ? Aujourd’hui, l’Eglise fête les saints martyrs patrons secondaires du Canada qui étaient en fait des jésuites français : Jean de Brébeuf, Isaac Jogues, Gabriel Lalemant, Charles Garnier, Antoine Daniel, Noël Chabanel, René Goupil, Jean de La Lande, tous canonisés en 1930.

Le récit du martyre de nos jésuites glace le sang, mais il mérite d’être lu jusqu’au bout. Les détails de l’histoire ne sont pas neutres. Continuer la lecture de « Le jésuite français n’a peur de rien »

Le pape François sur le Rosaire : « Être chrétien, c’est être marial »

Comment le pape François a ancré sa prière dans le rosaire, à l’école de saint Jean Paul II.

LE 7 OCTOBRE, l’Église fête Notre Dame du Rosaire. À l’origine, cette fête était célébrée sous le vocable de Notre Dame de la Victoire, en action de grâces pour le succès des armées chrétiennes contre les Turcs à la bataille de Lépante en 1571. La liturgie témoigne de la confiance des fidèles dans la protection de la Mère de Dieu. Depuis cette victoire décisive pour l’avenir du monde chrétien, les catholiques ont coutume de réciter le rosaire durant le mois d’octobre. Continuer la lecture de « Le pape François sur le Rosaire : « Être chrétien, c’est être marial » »

Le père Xavier Lefebvre présente le Parcours « La responsabilité politique de la foi »

Un parcours de formation politique inspiré par l’enseignement social des trois derniers papes : telle est l’initiative originale lancée par l’Espace Georges-Bernanos, à Paris, avec le concours de Conscientia. À l’origine du projet, le père Xavier Lefebvre présente son objectif à Aleteia : « Approfondir les clés du discernement politique à travers l’analyse des grandes questions de société ».

ALETEIA : L’Espace Georges-Bernanos inaugure cette année un parcours de formation politique. Pourquoi cette initiative ?

Père Xavier Lefebvre : La politique n’est pas un domaine réservé aux spécialistes, ou seulement un « débat intéressant », encore moins l’art de la bonne répartie dans la bataille du pouvoir… Si l’homme est par nature un « être social », nos actes les plus humbles ont tous une dimension à l’échelle de la communauté humaine que nous formons, la polis. D’où la responsabilité de chacun à l’égard du bien commun en tant que personne. La politique est d’abord une vision de la personne : c’est pour cela que nous proposons une formation en « anthropologie » politique, telle que l’Église l’enseigne. Continuer la lecture de « Le père Xavier Lefebvre présente le Parcours « La responsabilité politique de la foi » »

Paris, Espace Bernanos : Parcours 2017-2018 « La responsabilité politique de la foi »

Ce parcours proposé par l’Espace Bernanos a pour but d’aider à découvrir et à approfondir les clés du discernement politique et le sens de l’engagement chrétien dans la Cité. Ouvert à tous, il s’articule autour de huit soirées dans l’année, de 19h à 21h. Première conférence le mardi 3 octobre avec le philosophe Thibaud Collin.

CHAQUE CHRETIEN exerce d’une manière souvent très personnelle sa responsabilité dans la vie de la cité. Il doit faire des choix, prendre des décisions. Le discernement est pour lui difficile, a fortiori dans un contexte où l’indifférence le dispute à l’hostilité. Appelé à la cohérence, il se heurte à la liberté humaine et à la contingence des faits. Dès lors, que faire ? Et comment le faire ? Car si la différence chrétienne est tenue pour minoritaire, sa voix devient de plus en plus une condition de la liberté. « Nul ne peut rester à ne rien faire », disait Jean Paul II, et le pape François : « Chargeons-nous de la réalité qui nous incombe, commençons par en bas, faisons-le meilleur bien possible. » Continuer la lecture de « Paris, Espace Bernanos : Parcours 2017-2018 « La responsabilité politique de la foi » »

Le pape et les migrants : de quoi se mêle l’Église ?

Le récent Message du pape pour la Journée du migrant et du réfugié 2018, publié le 21 août, a provoqué un débat violent dans le monde catholique sur lequel il faut s’interroger. Tout débat dans l’Église est légitime, a fortiori sur les questions qui touchent l’organisation politique du monde, mais si le débat devient politique au sens où il déchaîne les passions, il est raisonnable de se demander s’il demeure bien catholique.

QUAND LE PAPE aborde une question sociale sensible comme les phénomènes migratoires, il touche à l’articulation des pouvoirs entre les autorités spirituelles et temporelles. Cette articulation est un lieu de tension, vieux comme le monde. On pourrait raconter l’histoire de l’humanité uniquement sous cet angle : de tous temps, la sacralisation du pouvoir est une tentation (la loi qui décide de la morale), tout comme la politisation du religieux (la foi qui décide de la loi). Au sein même de l’Église, cette tension se retrouve à chacune de ses interventions publiques sur les questions de société. Chaque baptisé responsable se sent d’autant plus concerné que « l’animation chrétienne de l’ordre temporel » relève de sa responsabilité propre (cf. Christifideles laici, 36). Continuer la lecture de « Le pape et les migrants : de quoi se mêle l’Église ? »