Un chrétien peut-il voter pour le “moindre mal” ?

Comment concilier le respect de ses principes avec ses engagements dans une réalité politique hostile ? Pour le chrétien, il est légitime de voter pour un candidat imparfait, à condition de ne pas voter pour ses imperfections. Explication.

LE VOTE CHRETIEN doit-il se déterminer uniquement sur la position des candidats concernant les normes fondamentales qui constituent le socle moral de la société ? La réponse est non. Ce point de vue n’est pas soutenu par la tradition biblique et chrétienne de la responsabilité politique. Le seul critère est celui du bien commun, qui suppose la référence à ces normes intangibles, mais qui ne fonctionne pas comme un catalogue de principes. Continuer la lecture de « Un chrétien peut-il voter pour le “moindre mal” ? »

« Identitaire » : grandeur et servitude du christianisme culturel

A propos d’Identitaire – Le mauvais génie du christianisme (Cerf). En cognant sur les “croisés du monde blanc” qui instrumentalisent le message chrétien à des fins politiques, Erwan Le Morhedec prend le risque de jeter le bébé de la culture chrétienne avec l’eau du bain identitaire, alors qu’il cherche surtout à montrer la nécessité de la cohérence dans l’engagement politique des catholiques.

L’IDENTITAIRE, au sens où il est compris dans le livre de l’avocat blogueur Erwan Le Morhedec, désigne deux sortes de catholiques : celui qui s’identifie au catholicisme pour des raisons essentiellement culturelles et celui qui associe sa foi à ses devoirs d’appartenance temporelle, en particulier nationale.

Cette identification pose problème dès lors que l’identité catholique se dissout dans un déterminisme politique. L’auteur distingue bien identité et identitarisme : « L’identitarisme n’est pas le goût ou la conscience de l’identité, c’est le rejet de l’altérité. » Cette perversion de l’attachement à l’identité érigée en principe, voilà qui est dangereux, explique Le Morhedec. Continuer la lecture de « « Identitaire » : grandeur et servitude du christianisme culturel »

Démystifier la politique et revenir au réel : un service chrétien

L’idolâtrie du pouvoir et le refus du réel sont les deux faces d’une même irrationalité politique et morale. En libérant l’homme contemporain des mythes idéologiques qui le trompent et l’asservissent, la foi chrétienne rend la politique à la raison.

LE TEMPS DES ELECTIONS est une bonne opportunité pour s’interroger, en tant que chrétien, sur le sens donné à sa responsabilité politique personnelle. « Le premier service que rend la foi chrétienne à la politique, écrivait le cardinal Ratzinger, consiste à libérer l’homme de l’irrationalité des mythes politiques [1]. » En quoi mes réflexions, mes décisions et mes paroles contribuent à lever ces mythes, c’est-à-dire à les identifier et à s’y opposer ? Continuer la lecture de « Démystifier la politique et revenir au réel : un service chrétien »

« Je suis chrétien »

« Je suis chrétien. » Il n’en faut pas plus pour déclencher une fatwa avec ce genre de propos iconoclaste chez un homme politique dans la France d’aujourd’hui. Évidemment, François Fillon, l’auteur du scandale, avait préparé son coup. Le calcul est de sa part audacieux, dans un contexte hyper laïciste. Mais en quoi est-il illégitime ?

TOUT CHRETIEN est fondé à revendiquer son droit de servir le bien commun en tant que chrétien. Mais les décisions qui peuvent être les siennes dans l’exercice de ses responsabilités, qu’il soit élu ou électeur, relèvent de son propre jugement et de sa raison. L’engagement politique du chrétien n’est pas un engagement confessionnel : il n’engage pas l’Église. Il se doit seulement d’être cohérent avec sa conscience, et en l’occurrence, puisqu’il est chrétien, avec les principes dont l’Église reconnaît qu’ils sont les fondements d’une société libre et digne de l’homme. Continuer la lecture de « « Je suis chrétien » »

Cardinal Robert Sarah : « Vous êtes le présent et le futur de l’Europe et de l’Église »

Document | Homélie de la messe du pèlerinage de Vézelay des routiers Scouts d’Europe, 31 octobre 2016, lundi de la XXXIe semaine dans l’année liturgique. « Ne vous laissez pas entraîner par une Europe ivre de ses multiples idéologies qui ont fait beaucoup de mal à toute l’humanité. »

« TOUT D’ABORD, permettez-moi de saluer respectueusement avec affection et gratitude Mgr Hervé Giraud, votre évêque, qui me donne la joie de prendre part à ce grand pèlerinage et m’autorise à présider cette eucharistie. Je voudrai lui dire un grand merci à lui et à son clergé, pour cet acte de communion. En même temps que je célèbrerai cette eucharistie aux intentions des routiers Scouts d’Europe et de leurs familles, je célèbre cette eucharistie pour Mgr Hervé Giraud, pour son clergé et son diocèse. Continuer la lecture de « Cardinal Robert Sarah : « Vous êtes le présent et le futur de l’Europe et de l’Église » »

Pourquoi doit-on manifester le 16 octobre ?

La Manif pour tous s’apprête à descendre à nouveau dans la rue pour défendre la famille. L’abrogation de la loi Taubira s’inscrit désormais dans un objectif plus large et plus ambitieux : protéger la vie, le mariage et les libertés fondamentales.

AU LENDEMAIN du vote de la loi du 17 mai 2013 « ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe », dite loi Taubira, le débat s’est porté sur les perspectives d’abrogation du texte. L’affaire est devenue pour beaucoup une question de principe, plus morale que politique. Pour les anti-abrogationnistes, qu’on laissera discuter entre eux, le problème est relativement clair : le « mariage gay » est légitime, le désaccord porte sur le lien ou non avec la filiation. Du côté des abrogationnistes, le débat est stratégique. Qu’on le veuille ou non, la question est bien politique. Une chose est d’être contre cette falsification du mariage, autre chose est d’obtenir son abrogation. Continuer la lecture de « Pourquoi doit-on manifester le 16 octobre ? »

Ecologie humaine : le temps de la reconstruction

À propos de Tugdual Derville, Le Temps de l’homme (Plon, 2016).

EN 1951, Romano Guardini s’interrogeait sur la croissance irrésistible de la puissance technique de l’homme contemporain. Pour le philosophe, « la tâche centrale de notre époque sera d’ordonner sa puissance de telle sorte que l’homme soit capable de subsister en tant qu’homme. Il sera placé devant cette option : devenir aussi fort en son humanité que sa puissance est grande ou bien lui être livré et succomber » (La Puissance, essai sur le règne de l’homme, Seuil). Soixante-cinq ans plus tard, Tugdual Derville reprend l’interrogation dans les mêmes termes : l’autodestruction de l’homme par l’homme n’est pas réductible à un quelconque péril nucléaire, c’est l’homme dans son identité qui est directement menacé. Continuer la lecture de « Ecologie humaine : le temps de la reconstruction »

Clinton ou Trump ? Pour les catholiques, la peste ou le choléra

Hillary Clinton a reçu en juillet l’investiture démocrate pour la présidentielle du 8 novembre. Une semaine auparavant, c’est Donald Trump qui était officiellement désigné par le Parti républicain comme son candidat à la présidence. Pour les électeurs catholiques américains, quoi que disent les sondages, le dilemme est entier : la peste ou le choléra. Une situation que les citoyens français feraient bien de suivre avec attention pour nourrir leur réflexion quand ils devront choisir à leur tour.

LA PESTE, c’est Hillary Clinton. Plus libertaire que les démocrates les plus libertaires, l’ex-secrétaire d’État de Barack Obama ne baissera pas la garde dans les assauts de l’actuelle administration contre la liberté religieuse et de conscience, elle qui juge les catholiques sectaires, intolérants et bigots. Continuer la lecture de « Clinton ou Trump ? Pour les catholiques, la peste ou le choléra »

Un modèle de procès politique

A propos de Jacques Trémolet de Villers, « Jeanne d’Arc, le procès de Rouen » (Belles Lettres).

LA PREMIERE VERTU du livre de Jacques Trémolet de Villers est de permettre de se réapproprier les merveilleuses mais tragiques minutes du procès de Jeanne. L’avocat s’efface d’abord derrière le saint génie de sa cliente post mortem, vivante pour l’éternité. Il intervient discrètement, comme en coulisse, au cours des cent jours de ce terrible jugement pour nous aider à prendre la mesure du drame qui se joue, la bataille entre la vérité et le mensonge, le droit et l’injustice, la liberté et la compromission, l’Église crucifiée et le péché des hommes, le Ciel et la terre… Continuer la lecture de « Un modèle de procès politique »

« Parents pour l’école » : une nouvelle association de parents d’élèves dans l’enseignement catholique sous contrat

Parents PELes parents d’élèves de l’Enseignement catholique sous contrat souffrent en France d’un défaut de représentation, ce qui est un comble de la part d’une école dite « libre » ! Seule l’APEL est en effet autorisée à les représenter, alors même que les orientations de cette association sont de moins en moins partagées par de nombreux parents qui ne se retrouvent pas dans ses choix, comme ceux de soutenir la réforme du collège du ministère de l’Education nationale. C’est dans le but de remédier à ce décalage entre les parents et leurs représentants auprès des établissements que s’est créée l’association Parents pour l’école. Continuer la lecture de « « Parents pour l’école » : une nouvelle association de parents d’élèves dans l’enseignement catholique sous contrat »