Roland Hureaux : « La provocation indépendantiste de la Catalogne condamne l’Europe des régions »

Mon interview dans Aleteia de Roland Hureaux, ancien haut fonctionnaire et diplomate, sur les origines de la crise politique en Catalogne et ses conséquences en Europe.

La tentative de coup de force séparatiste de la part de la Generalitat de Catalunya, a révélé une crise du modèle fédéral du royaume d’Espagne. Pourtant ce modèle paraissait équilibré, comme une bonne illustration du principe de subsidiarité. Cette crise était-elle prévisible ?

Roland Hureaux. — Je ne crois pas que ce que vous appelez le modèle fédéral espagnol ait jamais atteint son point d’équilibre. Il ne résulte nullement de l’application du principe de subsidiarité, mais du contexte particulier de l’Espagne. Certaines régions espagnoles comme la Catalogne ou le Pays basque sont caractérisées depuis longtemps par un particularisme, dû notamment à l’existence d’une langue propre. Continuer la lecture de « Roland Hureaux : « La provocation indépendantiste de la Catalogne condamne l’Europe des régions » »

Emmanuel Macron ou le droit du plus fort

Dans cette tribune publiée par Famille chrétienne, réflexion sur le double langage macronien : dans la jungle apaisée du « premier de cordée », la vie est sacrée à condition d’en disposer si la collectivité le désire. Il suffit d’en débattre.

PROMESSE TENUE, les députés ont voté la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et son remplacement par un impôt sur la fortune immobilière (IFI). La mesure, qui vise à réorienter l’épargne vers le financement des entreprises, est diversement appréciée, notamment par les familles qui se constituent un patrimoine immobilier transmissible. Continuer la lecture de « Emmanuel Macron ou le droit du plus fort »

Jean Sévillia : « L’Autriche va changer la donne en Europe »

AU COEUR DE L’EUROPE, l’Autriche redonne le pouvoir aux conservateurs. Peu de réels changements en perspective, mais une inflexion régionale certaine qui pèsera sur la politique de l’Union européenne. Mon interview parue sur Aleteia de l’historien Jean Sévillia, spécialiste de l’Autriche et biographe du Dernier Empereur (Perrin).

Le futur chancelier, le très jeune Sebastian Kurz (31 ans), annonce l’ouverture de négociations avec le FPÖ, classé à l’extrême-droite selon les standards médiatiques, pour constituer le nouveau gouvernement. Cela provoque l’indignation dans les capitales européennes. Faut-il s’attendre à un bouleversement politique régional ?

Jean Sévillia. — Les Autrichiens n’ont pas une approche idéologique de la politique comme  les Français qui projettent volontiers leurs schémas hexagonaux sur une réalité totalement différente. À Vienne, les coalitions gouvernementales se négocient sur des programmes, de manière purement pragmatique, aussi bien entre conservateurs et sociaux-démocrates qu’entre sociaux-démocrates et populistes de droite. Kurz ne fait que proposer la reconduction de l’alliance conservateurs-nationaux populistes qui a gouverné l’Autriche entre 2000 et 2007. À l’époque, cette alliance avait soulevé un tollé en Europe. Jacques Chirac avait appelé à des sanctions européennes… qui ont été levées après six mois quand il a bien fallu s’apercevoir que l’Autriche restait un État de droit où les institutions démocratiques continuaient de fonctionner ! Continuer la lecture de « Jean Sévillia : « L’Autriche va changer la donne en Europe » »

Hommage à Christine Boutin

Après quarante années de vie politique, l’élue des Yvelines démissionne de son dernier mandat. Son rôle dans la défense de la vie humaine ne fit pas toujours l’unanimité mais restera un exemple.

CHRISTINE BOUTIN quitte la vie politique. Je veux lui témoigner ma reconnaissance. Elle fut longtemps seule à porter dans le monde politique la voix des sans-voix, menacés dans le sein de leur mère au nom de la loi. Sa voix relevait vraiment de l’indignation prophétique face à la montée de la culture de mort. Seule contre tous. Continuer la lecture de « Hommage à Christine Boutin »

La vie de François, le réformateur

À propos d’Austen Ivereigh, François le réformateur – de Buenos Aires à Rome (Éditions de l’Emmanuel, 2017). La biographie de référence pour comprendre le sens véritable du pontificat du premier pape américain de l’histoire.

C’EST LE BIOGRAPHE DE REFERENCE de Jean Paul II, l’américain George Weigel, qui le dit : « Avec François le réformateur, Ivereigh offre à ce jour le meilleur récit des événements fondateurs de la vie et de la pensée de Jorge Mario Bergoglio. » Si l’on veut comprendre son pontificat, la première chose à faire est de plonger dans le temps long de l’existence de celui qui deviendra le premier pape américain de l’histoire. Grâce à l’enquête très documentée d’Austen Ivereigh, écrite comme un roman, nous pénétrons le mystère d’une vocation, avec les clés théologique, psychologique et politique qui nous en donne le sens véritable. Continuer la lecture de « La vie de François, le réformateur »

Le jésuite français n’a peur de rien

Les saints patrons secondaires du Canada sont des jésuites français. Leur martyre mérite d’être connu jusque dans les détails. Accrochez-vous.

LES JESUITES, on aime ou on n’aime pas, mais il est difficile de les trouver insignifiants. S’il y a bien un jésuite qui dérange en ce moment, n’est-ce pas le pape lui-même ? Aujourd’hui, l’Eglise fête les saints martyrs patrons secondaires du Canada qui étaient en fait des jésuites français : Jean de Brébeuf, Isaac Jogues, Gabriel Lalemant, Charles Garnier, Antoine Daniel, Noël Chabanel, René Goupil, Jean de La Lande, tous canonisés en 1930.

Le récit du martyre de nos jésuites glace le sang, mais il mérite d’être lu jusqu’au bout. Les détails de l’histoire ne sont pas neutres. Continuer la lecture de « Le jésuite français n’a peur de rien »

Nucléaire iranien : pourquoi Téhéran dérange Trump

L’isolationnisme de Trump devait trouver avec l’Iran son meilleur allié. Il en a fait son pire ennemi.

1 – LA QUESTION NUCLEAIRE IRANIENNE, centrale dans la communication politique n’est pas le cœur du problème iranien. Si l’Iran est confiné d’un point de vue économique, c’est pour une raison très différente : ce pays est le laboratoire de la contre-mondialisation. S’il dérange, c’est qu’il a mis au point un système idéologique extrêmement élaboré prônant le rétablissement des frontières, la perpétuation des identités et désignant comme ennemi le mondialisme et son moteur. Continuer la lecture de « Nucléaire iranien : pourquoi Téhéran dérange Trump »

Sens Commun et la peste partisane

Et si l’on s’interrogeait sur Sens Commun en dehors de la logique de parti ? C’est-à-dire en dehors de cette idéologie réductrice du politique d’abord, considérant que le salut de la France passe avant tout par la conquête du pouvoir ?

CE RAISONNEMENT naïf est très Moderne, au sens des Lumières : croire qu’une société se change par le haut, par les structures (les institutions et les lois), donc les partis. Toute stratégie pertinente ne se pense plus qu’en termes de Meccano partisan : quand la machine à perdre est enclenchée, il suffit de modifier les rapports de force entre les partis, « recomposer » la mécanique pour décrocher à nouveau la timbale. Continuer la lecture de « Sens Commun et la peste partisane »

Le pape François sur le Rosaire : « Être chrétien, c’est être marial »

Comment le pape François a ancré sa prière dans le rosaire, à l’école de saint Jean Paul II.

LE 7 OCTOBRE, l’Église fête Notre Dame du Rosaire. À l’origine, cette fête était célébrée sous le vocable de Notre Dame de la Victoire, en action de grâces pour le succès des armées chrétiennes contre les Turcs à la bataille de Lépante en 1571. La liturgie témoigne de la confiance des fidèles dans la protection de la Mère de Dieu. Depuis cette victoire décisive pour l’avenir du monde chrétien, les catholiques ont coutume de réciter le rosaire durant le mois d’octobre. Continuer la lecture de « Le pape François sur le Rosaire : « Être chrétien, c’est être marial » »

Corée : pourquoi la guerre est peu probable

La péninsule coréenne est au carrefour des luttes immuables entre les empires maritimes et les puissances continentales. Derrière les tensions actuelles, qu’il faut décrypter à la lumière de l’histoire, de discrètes forces centrifuges tendent à rapprocher les Corées et à les intégrer dans l’économie mondiale.

UNE OFFICINE britannique déclarait récemment que le risque de guerre était à prendre au sérieux en Corée. Cette annonce mérite quelques réflexions.

1- Le duel rhétorique entre Donald Trump et Kim-Jong-un profite aux deux présidents. Il permet aux États-Unis en pleine rétractation géopolitique de donner l’illusion de la puissance. Il permet d’autre part au président de la Corée du Nord de négocier en position plus avantageuse le prochain accord nucléaire. Continuer la lecture de « Corée : pourquoi la guerre est peu probable »