Le père Xavier Lefebvre présente le Parcours « La responsabilité politique de la foi »

Un parcours de formation politique inspiré par l’enseignement social des trois derniers papes : telle est l’initiative originale lancée par l’Espace Georges-Bernanos, à Paris, avec le concours de Conscientia. À l’origine du projet, le père Xavier Lefebvre présente son objectif à Aleteia : « Approfondir les clés du discernement politique à travers l’analyse des grandes questions de société ».

ALETEIA : L’Espace Georges-Bernanos inaugure cette année un parcours de formation politique. Pourquoi cette initiative ?

Père Xavier Lefebvre : La politique n’est pas un domaine réservé aux spécialistes, ou seulement un « débat intéressant », encore moins l’art de la bonne répartie dans la bataille du pouvoir… Si l’homme est par nature un « être social », nos actes les plus humbles ont tous une dimension à l’échelle de la communauté humaine que nous formons, la polis. D’où la responsabilité de chacun à l’égard du bien commun en tant que personne. La politique est d’abord une vision de la personne : c’est pour cela que nous proposons une formation en « anthropologie » politique, telle que l’Église l’enseigne. Continuer la lecture de « Le père Xavier Lefebvre présente le Parcours « La responsabilité politique de la foi » »

PMA : le trouble des Français

L’ouverture de la PMA aux couples de femmes et aux femmes célibataires a suscité une opposition inattendue, notamment à gauche. En attendant, les sondages révèlent comment l’opinion peut être manipulée : les Français achètent l’égalité pour tous, mais ne veulent pas d’enfants fabriqués sans père.

MARLENE SCHIAPPA, secrétaire d’État à l’Égalité entre les femmes et les hommes, a annoncé que l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes serait proposée dans le cadre de la révision de la loi bioéthique en 2018. Cette annonce a relancé un débat sensible sur le droit à l’enfant et à terme sa marchandisation, la gestation pour autrui (GPA) étant le prolongement logique de la PMA. Si au nom de « l’égalité » toutes les femmes ont la possibilité d’avoir un enfant, pourquoi « tous les hommes » n’y auraient pas droit eux aussi ? Continuer la lecture de « PMA : le trouble des Français »

Paris, Espace Bernanos : Parcours 2017-2018 « La responsabilité politique de la foi »

Ce parcours proposé par l’Espace Bernanos a pour but d’aider à découvrir et à approfondir les clés du discernement politique et le sens de l’engagement chrétien dans la Cité. Ouvert à tous, il s’articule autour de huit soirées dans l’année, de 19h à 21h. Chaque conférence est suivi d’un débat avec l’orateur.

CHAQUE CHRETIEN exerce d’une manière souvent très personnelle sa responsabilité dans la vie de la cité. Il doit faire des choix, prendre des décisions. Le discernement est pour lui difficile, a fortiori dans un contexte où l’indifférence le dispute à l’hostilité. Appelé à la cohérence, il se heurte à la liberté humaine et à la contingence des faits. Dès lors, que faire ? Et comment le faire ? Car si la différence chrétienne est tenue pour minoritaire, sa voix devient de plus en plus une condition de la liberté. « Nul ne peut rester à ne rien faire », disait Jean Paul II, et le pape François : « Chargeons-nous de la réalité qui nous incombe, commençons par en bas, faisons-le meilleur bien possible. » Continuer la lecture de « Paris, Espace Bernanos : Parcours 2017-2018 « La responsabilité politique de la foi » »

Le défi conservateur : pas si simple

Trahie par la gauche, déçue par la droite, la France s’est livrée sans résistance au libéralisme macronien. Réputés conservateurs, les Français sont profondément imprégnés par un relativisme de gauche qui est le principal obstacle au retour de la droite au pouvoir. Le retour conservateur ? Pas si simple.

LA GRANDE VERTU de l’élection d’Emmanuel Macron est d’avoir montré que la France ne croyait plus dans la gauche, mais qu’elle n’espérait plus non plus dans la droite. Elle s’est livrée par dépit à la synthèse des deux : le « syncrétisme conciliant » macronien (le concept est du cardinal Bergoglio), un bonapartisme libertaire qui n’enthousiasme personne. Si donc une alternative est possible, c’est au prix d’un changement radical de la droite et de la gauche. Continuer la lecture de « Le défi conservateur : pas si simple »

Le pape et les migrants : de quoi se mêle l’Église ?

Le récent Message du pape pour la Journée du migrant et du réfugié 2018, publié le 21 août, a provoqué un débat violent dans le monde catholique sur lequel il faut s’interroger. Tout débat dans l’Église est légitime, a fortiori sur les questions qui touchent l’organisation politique du monde, mais si le débat devient politique au sens où il déchaîne les passions, il est raisonnable de se demander s’il demeure bien catholique.

QUAND LE PAPE aborde une question sociale sensible comme les phénomènes migratoires, il touche à l’articulation des pouvoirs entre les autorités spirituelles et temporelles. Cette articulation est un lieu de tension, vieux comme le monde. On pourrait raconter l’histoire de l’humanité uniquement sous cet angle : de tous temps, la sacralisation du pouvoir est une tentation (la loi qui décide de la morale), tout comme la politisation du religieux (la foi qui décide de la loi). Au sein même de l’Église, cette tension se retrouve à chacune de ses interventions publiques sur les questions de société. Chaque baptisé responsable se sent d’autant plus concerné que « l’animation chrétienne de l’ordre temporel » relève de sa responsabilité propre (cf. Christifideles laici, 36). Continuer la lecture de « Le pape et les migrants : de quoi se mêle l’Église ? »

Carnet de voyage : « En flânant à travers Téhéran »

Impressions de voyage de l’auteur à Téhéran. Thomas Flichy de La Neuville a publié L’Iran au-delà de l’islamisme (L’Aube, 2013) et dirigé avec Antoine de Prémonville Géopolitique de l’Iran (PUF, 2015).

JE FUS SAISI à ma descente d’avion par cette espèce d’odeur un peu âcre qui me rappelait que j’avais retrouvé Téhéran la miséreuse et son haleine pétrolière. Le temps d’attendre une heure en compagnie d’un acheteur de tapis italien et d’un allemand en mission interlope, je me frayai un chemin dans la rue, égayé par le concert étrange des imperceptibles coups de klaxon qui accompagne le flot anarchique des voitures. L’on circule bien la nuit sous les banderoles à la gloire du régime et il me fallut attendre la chaleur du jour suivant pour examiner la façon dont la ville avait changé. Continuer la lecture de « Carnet de voyage : « En flânant à travers Téhéran » »

Le pape François, signe de contradiction

Pour comprendre la dimension prophétique du pape François, y compris dans ses faiblesses humaines, il faut le situer dans sa vocation propre. L’incendie dévore des pans entiers de l’humanité. On ne peut plus vivre comme avant. Les forces du mal sont déchaînées.

LE PAPE est très critiqué. Ses positions paraissent parfois utopiques, iréniques sur tout ce qui aborde le politique. Son dernier message du 15 août pour la Journée mondiale du migrant et du réfugié est sur un plan spirituel et personnel juste mais sur un plan collectif dépourvu de sagesse politique. Il est vrai qu’il aborde le sujet de façon très horizontale et passe sous silence la menace considérable que représente l’islam pour notre continent — même s’il s’adresse au monde entier. Or cette question ne peut être évacuée pour nos nations européennes. Continuer la lecture de « Le pape François, signe de contradiction »

Le cardinal de Retz, mots d’esprit pour temps de troubles

A lire ou relire, quelques traits extraordinairement lucides sur la métamorphose d’un État en temps de guerre civile.

JEAN-FRANçOIS DE GONDI se savait trop léger pour prétendre s’emparer du pouvoir. Cet agitateur professionnel nous a pourtant légué, au fil de ses Mémoires, quelques traits extraordinairement lucides sur la métamorphose de l’État en temps de guerre civile. Continuer la lecture de « Le cardinal de Retz, mots d’esprit pour temps de troubles »

Le pape et l’immigration : à chacun ses responsabilités

Pourquoi les propos du pape sur le phénomène migratoire sont toujours compris de travers. La responsabilité de l’Église ne se substitue pas à celle des États.

LE GAGNANT de la petite phrase provocation de l’été est à nouveau le pape François. Mais la provocation est moins dans ses propos, constants dans leur appel à l’accueil généreux des migrants, que dans l’indignation qu’elle suscite sur la foi d’une erreur tout aussi constante sur la nature de son autorité. Continuer la lecture de « Le pape et l’immigration : à chacun ses responsabilités »

Avortement : le vice initial de la loi de 75

La mort de Simone Veil a réveillé le débat tragique sur la légitimité et l’évolution de la loi de 1975 dépénalisant l’avortement. La loi Veil a pu être jugée inacceptable en raison de sa rédaction ambiguë, affirmant tout et son contraire, ouvrant la porte à toutes les dérives, mais discutable comme loi de tolérance. Dans les faits, la dépénalisation est devenue criminogène : était-ce l’intention initiale ? Sans doute pas, mais elle portait atteinte au bien commun, ce que personne n’a voulu admettre dès l’origine.

LA LEGISLATION actuelle sur l’IVG ne correspond plus à l’équilibre que Simone Veil souhaitait atteindre en 1975, argumente Chantal Delsol dans le Figaro du 3 juillet à l’occasion de la mort de l’ancien ministre de la Santé [1]. Le sujet abordé et la manière dont il a été traité par la philosophe soulèvent des questions trop importantes pour ne pas appeler leur approfondissement. Continuer la lecture de « Avortement : le vice initial de la loi de 75 »