Le diable Trump tiendra-t-il ses promesses ?

Trump élu, à qui la faute ? On attend l’examen de conscience de l’ensemble de la classe politique et de tous les détracteurs du milliardaire. En attendant, que peut-on espérer des promesses d’un président fantasque, élu par défaut ?

LA PESTE CLINTON ou le choléra Trump ? Les Américains ont tranché : ce ne sera pas la peste [1]. Ce sera le changement. Car s’il y a un premier responsable à l’élection de Trump, c’est Barack Obama et son bilan, et s’il y en a une seconde, c’est Hillary Clinton. Il est facile d’accuser Trump de tous les maux, mais s’il est aux portes de la Maison Blanche, c’est bien parce que l’ensemble de la classe politique lui a préparé la place en se rendant insupportable à la majorité des électeurs. L’heure devrait être à l’examen de conscience. Continuer la lecture de « Le diable Trump tiendra-t-il ses promesses ? »

Victoire de Trump : l’onde de choc géopolitique sera mesurée

L’élection de Donald Trump était tout à fait envisageable et il était d’une grande légèreté de ne pas en anticiper les conséquences géopolitiques, qui pouvaient bouleverser les relations internationales. Mais la nouvelle donne ne sera pas si considérable, d’après les géopoliticiens Thomas Flichy de La Neuville et Gregor Mathias (Paris IV-Sorbonne), et Olivier Hanne (Aix-Marseille).

DANS L’Abolition de l’esclavage paru en 1861, en pleine guerre de Sécession, le Français Augustin Cochin s’exclamait à propos du système politique américain : « La patrie de Franklin semble devenue le tréteau de M. Barnum [1]. » À moins que l’on découvre des manipulations électorales, comme les deux candidats le laissaient craindre durant la campagne, Donald Trump sera bien élu président des États-Unis. Quels seront les grands axes de sa politique et dans quel cadre international gouvernera-t-il ? Continuer la lecture de « Victoire de Trump : l’onde de choc géopolitique sera mesurée »

En Syrie, François Hollande fait encore le choix de la guerre

« Les bonnes âmes qui demandent aujourd’hui un cessez-le feu à Alep, demandent en fait la poursuite de la guerre et la poursuite des souffrances du peuple syrien. »

VOILA CINQ ANS que dans, dans l’affaire syrienne, la diplomatie française est à la fois ridicule et criminelle. Ridicule parce qu’elle se réduit, avec Hollande encore plus qu’avec son prédécesseur, à un alignement aveugle sur la diplomatie américaine dominée par les néoconservateurs. Alignement et même surenchère, pas sur le terrain car nous n’en avons pas les moyens, mais dans les enceintes internationales. On se souvient de Fabius déclarant que Assad « ne méritait pas de vivre » ! La rupture totale des relations diplomatiques avec la Syrie en 2012 nous a privé de moyens essentiels tant pour lutter contre le terrorisme que pour diversifier notre action comme il sied à toute diplomatie compétente, ce que n’est plus la nôtre. Continuer la lecture de « En Syrie, François Hollande fait encore le choix de la guerre »

Pourquoi doit-on manifester le 16 octobre ?

La Manif pour tous s’apprête à descendre à nouveau dans la rue pour défendre la famille. L’abrogation de la loi Taubira s’inscrit désormais dans un objectif plus large et plus ambitieux : protéger la vie, le mariage et les libertés fondamentales.

AU LENDEMAIN du vote de la loi du 17 mai 2013 « ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe », dite loi Taubira, le débat s’est porté sur les perspectives d’abrogation du texte. L’affaire est devenue pour beaucoup une question de principe, plus morale que politique. Pour les anti-abrogationnistes, qu’on laissera discuter entre eux, le problème est relativement clair : le « mariage gay » est légitime, le désaccord porte sur le lien ou non avec la filiation. Du côté des abrogationnistes, le débat est stratégique. Qu’on le veuille ou non, la question est bien politique. Une chose est d’être contre cette falsification du mariage, autre chose est d’obtenir son abrogation. Continuer la lecture de « Pourquoi doit-on manifester le 16 octobre ? »

Ecologie humaine : le temps de la reconstruction

À propos de Tugdual Derville, Le Temps de l’homme (Plon, 2016).

EN 1951, Romano Guardini s’interrogeait sur la croissance irrésistible de la puissance technique de l’homme contemporain. Pour le philosophe, « la tâche centrale de notre époque sera d’ordonner sa puissance de telle sorte que l’homme soit capable de subsister en tant qu’homme. Il sera placé devant cette option : devenir aussi fort en son humanité que sa puissance est grande ou bien lui être livré et succomber » (La Puissance, essai sur le règne de l’homme, Seuil). Soixante-cinq ans plus tard, Tugdual Derville reprend l’interrogation dans les mêmes termes : l’autodestruction de l’homme par l’homme n’est pas réductible à un quelconque péril nucléaire, c’est l’homme dans son identité qui est directement menacé. Continuer la lecture de « Ecologie humaine : le temps de la reconstruction »

Le reniement de Nicolas Sarkozy

Abroger la loi Taubira, c’est dire non à l’injustice et à la division : injustice à l’égard des enfants privés d’un père ou d’une mère, et division des Français poussés à revendiquer les droits des uns contre les droits des autres. Quel homme politique intelligent peut-il renoncer à cette priorité ?

RIEN N’OBLIGEAIT Nicolas Sarkozy à se renier en déclarant ne pas vouloir revenir sur la loi Taubira. La majorité des Français (68 %) est pour sa révision (Opinion Way-LMPT, juin 2016). Son revirement est un aveuglement. C’est aussi un revirement par faiblesse, comme l’a dit Roland Hureaux (Figaro Vox, 15/07). Le message est : « Je me dégonfle. » Pas rassurant pour l’avenir. Continuer la lecture de « Le reniement de Nicolas Sarkozy »

Refonder la politique sur la culture

A propos de Charles Beigbeder et Benoît Dumoulin, Charnellement de France (P.-G. de Roux).

COMME IL EST RAFRAICHISSANT de lire un homme politique qui parle de la France comme une réalité charnelle, une personne, une histoire, un patrimoine, et non comme une « idée ». Il est vrai que Charles Beigbeder est d’abord un chef d’entreprise, un créateur. Pour lui, la France ce n’est pas un concept et ce n’est pas l’État, même si l’État dans son acception française a joué un rôle inédit dans la constitution de l’identité nationale. Continuer la lecture de « Refonder la politique sur la culture »

Clinton ou Trump ? Pour les catholiques, la peste ou le choléra

Hillary Clinton a reçu en juillet l’investiture démocrate pour la présidentielle du 8 novembre. Une semaine auparavant, c’est Donald Trump qui était officiellement désigné par le Parti républicain comme son candidat à la présidence. Pour les électeurs catholiques américains, quoi que disent les sondages, le dilemme est entier : la peste ou le choléra. Une situation que les citoyens français feraient bien de suivre avec attention pour nourrir leur réflexion quand ils devront choisir à leur tour.

LA PESTE, c’est Hillary Clinton. Plus libertaire que les démocrates les plus libertaires, l’ex-secrétaire d’État de Barack Obama ne baissera pas la garde dans les assauts de l’actuelle administration contre la liberté religieuse et de conscience, elle qui juge les catholiques sectaires, intolérants et bigots. Continuer la lecture de « Clinton ou Trump ? Pour les catholiques, la peste ou le choléra »

Un antiterrorisme chrétien : le pape François, la violence et la religion

Retour sur les propos controversés du pape sur le terrorisme, l’islam et la violence religieuse. Des propos qui s’inscrivent dans la droite ligne de la pensée et de la diplomatie catholiques la plus récente, de Pie XII à Benoît XVI.

CE N’EST PAS LA PREMIERE FOIS qu’un pape provoque un tollé dans un avion. En parlant de la violence des catholiques à propos du terrorisme islamique, le pape François de retour de Pologne n’a pas fait dans la dentelle. Benoît XVI en route vers l’Afrique n’avait pas fait moins, en doutant des effets positifs du préservatif. Le monde entier avait crié au scandale. Ce qui est nouveau avec le pape François, c’est que de nombreux chrétiens ont joint leurs voix au concert des indignés. Continuer la lecture de « Un antiterrorisme chrétien : le pape François, la violence et la religion »

Un prêtre immolé, c’est la France qu’on assassine

Le père Jacques Hamel a été tué dans son église de Saint-Etienne-du-Rouvray en haine de la foi, mais aussi en haine de l’homme et de la France.

L’IMMENSE EMOTION qui s’est emparée de la France après la tragédie de St-Etienne-du-Rouvray montre que la France demeure un pays chrétien. Un prêtre égorgé pendant la messe, à genoux devant son autel, dans une petite église de province ordinaire, ce n’est pas un fait divers atroce, c’est la France qui est frappée dans son ADN. Continuer la lecture de « Un prêtre immolé, c’est la France qu’on assassine »