Géopolitique : les États-Unis sur le chemin de la conversion au réalisme

A propos du rapport « Tendances mondiales 2035 » du Conseil national du renseignement américain : « Le paradoxe du progrès ».

LE NATIONAL INTELLIGENCE COUNCIL vient de publier son nouveau rapport de prospective pour 2035. Prenant le contrepied du précédent — dont les prévisions s’étaient révélées à l’opposé de ce qu’il advint — ce dernier s’est plié à un soupçon d’exigence et par conséquent de réalisme. Il est intitulé Paradox of Progress. Continuer la lecture de « Géopolitique : les États-Unis sur le chemin de la conversion au réalisme »

« Je suis chrétien »

« Je suis chrétien. » Il n’en faut pas plus pour déclencher une fatwa avec ce genre de propos iconoclaste chez un homme politique dans la France d’aujourd’hui. Évidemment, François Fillon, l’auteur du scandale, avait préparé son coup. Le calcul est de sa part audacieux, dans un contexte hyper laïciste. Mais en quoi est-il illégitime ?

TOUT CHRETIEN est fondé à revendiquer son droit de servir le bien commun en tant que chrétien. Mais les décisions qui peuvent être les siennes dans l’exercice de ses responsabilités, qu’il soit élu ou électeur, relèvent de son propre jugement et de sa raison. L’engagement politique du chrétien n’est pas un engagement confessionnel : il n’engage pas l’Église. Il se doit seulement d’être cohérent avec sa conscience, et en l’occurrence, puisqu’il est chrétien, avec les principes dont l’Église reconnaît qu’ils sont les fondements d’une société libre et digne de l’homme. Continuer la lecture de « « Je suis chrétien » »

Les généraux de Trump, confesseurs du Président et gardiens de la cité

Trois grands professionnels pour conseiller le nouveau président américain : une même expérience, mais des écoles différentes.

DONALD TRUMP a désormais nommé trois généraux afin d’occuper les plus hautes fonctions de l’État américain : Michael Flynn sera Conseiller à la Sécurité nationale, James Mattis, secrétaire à la Défense, et John Kelly, secrétaire à la Sécurité intérieure. Cette militarisation de la haute administration ne doit pas nous étonner. Elle est inhérente aux temps de renaissance consécutifs à une crise impériale très grave. Continuer la lecture de « Les généraux de Trump, confesseurs du Président et gardiens de la cité »

Délit d’entrave à l’IVG : une atteinte grave à la démocratie

Peu porté à prendre la parole sur les questions politiques sensibles, Mgr Georges Pontier, président de la Conférence des évêques de France, a pourtant écrit à François Hollande pour lui faire part de sa vive préoccupation au sujet de la proposition de loi « relative à l’extension du délit d’entrave à l’interruption volontaire de grossesse ». Dans cette lettre rendue publique le 28 novembre, l’archevêque de Marseille accuse une « mise en cause des fondements de nos libertés ».

JAMAIS en France, le droit à la vie n’a paru aussi lié à la liberté de conscience et d’expression qu’avec le projet socialiste liberticide du délit d’entrave numérique à l’IVG. Le droit à la vie est le premier des droits, disait St Jean-Paul II, mais la liberté de conscience, précisait-il, est la base de tous les droits. Le gouvernement socialiste s’attaque aux deux. Les évêques de France ont raison d’y voir une remise en cause gravissime de deux principes fondamentaux de la société libre. Continuer la lecture de « Délit d’entrave à l’IVG : une atteinte grave à la démocratie »

Priorité : libérer la créativité et la culture, les vraies ressources de la France

Tous les programmes politiques visant à redresser la France échoueront s’ils ne libèrent pas les deux véritables ressources à exploiter pour le redressement de la France : ses gisements de créativité et son réservoir de sympathie à l’étranger.

APRES avoir organisé l’Audit de la France, destiné à présenter aux Français l’état réel du pays, le prochain gouvernement devra mettre en place une thérapie de choc afin de redonner de l’énergie à une nation fatiguée. Le gouvernement pourra alors exploiter deux ressources pratiquement inépuisables et actuellement laissées dans l’abandon absolu. Continuer la lecture de « Priorité : libérer la créativité et la culture, les vraies ressources de la France »

La différence Fillon : garder la tête froide

Six premières leçons du premier tour de la primaire de la droite et du centre. Le pire a peut-être été évité, mais rien n’est jamais acquis.

1/ Le vainqueur autoproclamé se prend une gifle.

L’échec de Nicolas Sarkozy est une demi-surprise. L’écart de François Fillon devant ses concurrents, un véritable étonnement, son passage au deuxième tour n’était pas gagné. La vraie leçon, c’est le score médiocre d’Alain Juppé, que tout l’establishment présentait comme le vainqueur évident, le président virtuel. L’identité heureuse, la tyrannie du consensus et du politiquement correct ont du plomb dans l’aile. Continuer la lecture de « La différence Fillon : garder la tête froide »

Le diable Trump tiendra-t-il ses promesses ?

Trump élu, à qui la faute ? On attend l’examen de conscience de l’ensemble de la classe politique et de tous les détracteurs du milliardaire. En attendant, que peut-on espérer des promesses d’un président fantasque, élu par défaut ?

LA PESTE CLINTON ou le choléra Trump ? Les Américains ont tranché : ce ne sera pas la peste [1]. Ce sera le changement. Car s’il y a un premier responsable à l’élection de Trump, c’est Barack Obama et son bilan, et s’il y en a une seconde, c’est Hillary Clinton. Il est facile d’accuser Trump de tous les maux, mais s’il est aux portes de la Maison Blanche, c’est bien parce que l’ensemble de la classe politique lui a préparé la place en se rendant insupportable à la majorité des électeurs. L’heure devrait être à l’examen de conscience. Continuer la lecture de « Le diable Trump tiendra-t-il ses promesses ? »

Victoire de Trump : l’onde de choc géopolitique sera mesurée

L’élection de Donald Trump était tout à fait envisageable et il était d’une grande légèreté de ne pas en anticiper les conséquences géopolitiques, qui pouvaient bouleverser les relations internationales. Mais la nouvelle donne ne sera pas si considérable, d’après les géopoliticiens Thomas Flichy de La Neuville et Gregor Mathias (Paris IV-Sorbonne), et Olivier Hanne (Aix-Marseille).

DANS L’Abolition de l’esclavage paru en 1861, en pleine guerre de Sécession, le Français Augustin Cochin s’exclamait à propos du système politique américain : « La patrie de Franklin semble devenue le tréteau de M. Barnum [1]. » À moins que l’on découvre des manipulations électorales, comme les deux candidats le laissaient craindre durant la campagne, Donald Trump sera bien élu président des États-Unis. Quels seront les grands axes de sa politique et dans quel cadre international gouvernera-t-il ? Continuer la lecture de « Victoire de Trump : l’onde de choc géopolitique sera mesurée »

En Syrie, François Hollande fait encore le choix de la guerre

« Les bonnes âmes qui demandent aujourd’hui un cessez-le feu à Alep, demandent en fait la poursuite de la guerre et la poursuite des souffrances du peuple syrien. »

VOILA CINQ ANS que dans, dans l’affaire syrienne, la diplomatie française est à la fois ridicule et criminelle. Ridicule parce qu’elle se réduit, avec Hollande encore plus qu’avec son prédécesseur, à un alignement aveugle sur la diplomatie américaine dominée par les néoconservateurs. Alignement et même surenchère, pas sur le terrain car nous n’en avons pas les moyens, mais dans les enceintes internationales. On se souvient de Fabius déclarant que Assad « ne méritait pas de vivre » ! La rupture totale des relations diplomatiques avec la Syrie en 2012 nous a privé de moyens essentiels tant pour lutter contre le terrorisme que pour diversifier notre action comme il sied à toute diplomatie compétente, ce que n’est plus la nôtre. Continuer la lecture de « En Syrie, François Hollande fait encore le choix de la guerre »

Pourquoi doit-on manifester le 16 octobre ?

La Manif pour tous s’apprête à descendre à nouveau dans la rue pour défendre la famille. L’abrogation de la loi Taubira s’inscrit désormais dans un objectif plus large et plus ambitieux : protéger la vie, le mariage et les libertés fondamentales.

AU LENDEMAIN du vote de la loi du 17 mai 2013 « ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe », dite loi Taubira, le débat s’est porté sur les perspectives d’abrogation du texte. L’affaire est devenue pour beaucoup une question de principe, plus morale que politique. Pour les anti-abrogationnistes, qu’on laissera discuter entre eux, le problème est relativement clair : le « mariage gay » est légitime, le désaccord porte sur le lien ou non avec la filiation. Du côté des abrogationnistes, le débat est stratégique. Qu’on le veuille ou non, la question est bien politique. Une chose est d’être contre cette falsification du mariage, autre chose est d’obtenir son abrogation. Continuer la lecture de « Pourquoi doit-on manifester le 16 octobre ? »