L’Etat, le peuple et l’orthographe

A propos de la réforme de l’orthographe, abusivement attribuée à l’Académie, signe de la démesure politique.

L’obstination mise à casser l’orthographe ne tient pas seulement à la volonté de la rendre facile, au prétexte que le principe exigeant de la « règle » serait la marque d’une société coincée et inégalitaire. Il s’agit de casser ce qui se transmet, ce qui se reçoit. De montrer que rien ne résiste au pouvoir de l’Etat. L’orthographe ne doit plus apparaître (avec un î) comme un donné objectif, commun, « métapolitique ». Elle doit se pratiquer à l’instinct, et à l’instinct obligatoire : le ministère de l’Education nationale – qui se réfugie abusivement derrière l’Académie – est en train d’inventer l’orthographe animale. Continuer la lecture de « L’Etat, le peuple et l’orthographe »

Euthanasie : ce qui va se passer

Le texte adopté en commission mixte paritaire sur la proposition Claeys-Leonetti le 21 janvier instaure un « droit de dormir avant de mourir ». Qu’en termes policés ces choses-là sont dites : ne dites plus « euthanasiez » ou « aidez au suicide », mais « endormez définitivement » ; ne dites plus « j’ai le droit de donner la mort », mais « j’ai l’obligation de soulager la souffrance », selon les mots mêmes de Jean Leonetti (Figaro, 21/01). Tugdual Derville dénonce le « flou dangereux de ce consensus au forceps » et il a raison. Continuer la lecture de « Euthanasie : ce qui va se passer »

Syrie : le camp du bien a menti

Les attaques au gaz contre les civils, qui ont failli déclencher une guerre mondiale, n’étaient pas dus au coupable désigné.

EN JANVIER 2014, des experts du MIT (Massachusetts Institute of Technology) avaient démenti que l’attaque à l’arme chimique de Ghuta un an plus tôt dans la banlieue de Damas ait été perpétrée par l’armée syrienne. Ce massacre était à l’origine des appels à la guerre de François Hollande. Dieu merci, les Américains n’étaient pas chauds, malgré leur rôle dans la propagande anti-Assad. Continuer la lecture de « Syrie : le camp du bien a menti »

Les chantiers de jeunesse de François Hollande

L’embrigadement de la jeunesse à la mode socialiste.

FH-TVL’annonce faite par François Hollande lors de ses vœux « à la jeunesse et aux forces de l’engagement (sic) » à la Maison de la Propagande (pardon, de la Radio) le 11 janvier fait frémir. En deux mots, il s’agit de la programmation du suivi socialo-républicain des jeunes Français. Pour être diplômé, il faudra passer par les chantiers de la République. Laval l’avait rêvé, Hollande l’a fait. Continuer la lecture de « Les chantiers de jeunesse de François Hollande »

Moi ou le chaos, l’esprit de parti

La logique mortifère de l’esprit de parti.

La droite la plus bête du monde a encore frappé. L’élection partielle de la 4e circonscription du Doubs a vu la victoire au deuxième tour du candidat socialiste contre le candidat du Front national. L’homme de l’UMP, un protégé d’Alain Juppé, a été éliminé piteusement après avoir déclaré qu’il voterait socialiste au second tour. Les électeurs ont préféré l’original à la copie. Continuer la lecture de « Moi ou le chaos, l’esprit de parti »

La leçon politique européenne du pape François

Très attendue, la double intervention du pape François devant les assemblées européennes, le 25 novembre, n’a pas déçu. Deux textes denses, complets, qui ont en apparence soulevé l’enthousiasme, mais moins par les paroles que par la chanson. Le Saint-Père est populaire, et il est encore trop mal venu de critiquer un tel homme. Les médias ont évoqué les formules qui plaisent, sur l’écologie humaine, sur le drame de l’immigration, sur la beauté de l’idéal européen et sa mission de paix. Et pourtant.

TOUT D’ABORD rien de nouveau sur le fond. François s’est glissé dans les pas de ses prédécesseurs, avec ses mots à lui. Son style jésuite « caresse les conflits », mais la pensée est forte pour qui sait lire entre les lignes : sur les droits de l’homme libertaire, sur la démocratie relativiste, sur le matérialisme économique, sur les racines chrétiennes oubliées, sur la « multipolarité » européenne (il dit « famille de peuples », Jean Paul II aurait dit « famille de nations »), sur la transversalité pour sortir du nombrilisme institutionnel et bureaucratique (Benoît XVI parlait lui de l’eurocentrisme)… Continuer la lecture de « La leçon politique européenne du pape François »

Le mariage anormal

Contre toute attente, le projet de loi Taubira « ouvrant le mariage et l’adoption aux personnes de même sexe » a provoqué une contestation populaire inédite dans l’histoire.

D’emblée, cette contestation a été présentée comme l’expression d’une minorité conservatrice résiduelle. Mais l’ampleur de l’opposition, son caractère pacifique, spontané et non-partisan signifie autre chose. Le noyau dur initial de la résistance s’est élargi comme si la redéfinition autoritaire du mariage ouvrait les yeux de l’opinion sur une évolution politique d’une nature inhabituelle. Continuer la lecture de « Le mariage anormal »

Écologisme ou loi naturelle : il faut choisir

L’écologie sans l’homme, c’est bien plus commode. En rompant avec l’ordre de la nature elle-même, l’écologisme politique est un panthéisme bien peu respectueux de la création. La voie proposée par l’Église est celle de l’« écologie intégrale », qui réconcilie la nature et la raison, la science et la morale, la liberté et la politique.

L’URGENCE ECOLOGIQUE s’apparente à une prise de conscience largement partagée. Revendiquée par la plupart des familles politiques, celle-ci fait l’unanimité (qui ose se prétendre « contre l’écologie » ?), mais elle provoque aussi les plus violentes controverses, comme celles qui entourent le débat sur le réchauffement climatique : qui est responsable, la pollution ou le soleil ? Continuer la lecture de « Écologisme ou loi naturelle : il faut choisir »