Laudato si’ : panthéisme ou écologie intégrale

Le message de l’Église aux écologistes : en face du paradigme technocratique et de la surconsommation, l’homme n’est pas un problème, mais une solution. À condition de l’accepter « intégralement ».

Le discours écologique chrétien s’inscrit dans la longue histoire du dialogue de l’Église avec l’homme dans sa relation avec la nature. Sans cet éclairage historique, on ne peut comprendre la dernière encyclique pontificale consacrée à l’écologie, au risque de s’égarer en surface. Continuer la lecture de « Laudato si’ : panthéisme ou écologie intégrale »

Non ! M. Frydman, la médecine « ne joue pas avec les lois de la nature »

Pourquoi on ne corrige pas les erreurs dans la nature en luttant contre les lois de la nature.

Ils sont 130 médecins déclarant avoir pratiqué l’assistance médicalisée à la procréation en ne respectant pas la loi (Le Monde du 17 mars). Ils demandent la levée des interdits, totaux ou partiels, de la loi française : sur le don d’ovocytes, sur l’analyse des chromosomes avant implantation de l’embryon pour parer aux risques éventuels d’anomalies, sur la conservation des ovocytes pour une fécondation éventuelle à venir, sur le don de sperme pour une femme célibataire quel que soit son mode relationnel, hétéro ou homosexuel… Continuer la lecture de « Non ! M. Frydman, la médecine « ne joue pas avec les lois de la nature » »

L’Etat, le peuple et l’orthographe

A propos de la réforme de l’orthographe, abusivement attribuée à l’Académie, signe de la démesure politique.

L’obstination mise à casser l’orthographe ne tient pas seulement à la volonté de la rendre facile, au prétexte que le principe exigeant de la « règle » serait la marque d’une société coincée et inégalitaire. Il s’agit de casser ce qui se transmet, ce qui se reçoit. De montrer que rien ne résiste au pouvoir de l’Etat. L’orthographe ne doit plus apparaître (avec un î) comme un donné objectif, commun, « métapolitique ». Elle doit se pratiquer à l’instinct, et à l’instinct obligatoire : le ministère de l’Education nationale – qui se réfugie abusivement derrière l’Académie – est en train d’inventer l’orthographe animale. Continuer la lecture de « L’Etat, le peuple et l’orthographe »

Euthanasie : ce qui va se passer

Le texte adopté en commission mixte paritaire sur la proposition Claeys-Leonetti le 21 janvier instaure un « droit de dormir avant de mourir ». Qu’en termes policés ces choses-là sont dites : ne dites plus « euthanasiez » ou « aidez au suicide », mais « endormez définitivement » ; ne dites plus « j’ai le droit de donner la mort », mais « j’ai l’obligation de soulager la souffrance », selon les mots mêmes de Jean Leonetti (Figaro, 21/01). Tugdual Derville dénonce le « flou dangereux de ce consensus au forceps » et il a raison. Continuer la lecture de « Euthanasie : ce qui va se passer »

L’école catholique est-elle malade de la transmission ?

Des enseignants expliquent la racine de la différence entre les projets pédagogiques de l’Éducation nationale depuis des décennies et la sagesse chrétienne de la transmission dans l’enseignement.

LE SOUTIEN apporté par le Secrétariat général de l’Enseignement catholique et de l’APEL nationale à la réforme du collège a heurté de nombreux établissements scolaires catholiques. Ce sont aussi bien des chefs d’établissement, des enseignants (80% d’entre eux sont contre) que des parents qui ont manifesté leur mécontentement.  Continuer la lecture de « L’école catholique est-elle malade de la transmission ? »

Laudato si’, une encyclique antimoderne

Le concert de louanges qui a accueilli la publication de Laudato si’ ne doit pas faire illusion. Il y a un profond malentendu entre le sens réel de l’encyclique et ce qu’ont bien voulu en retenir les commentateurs, y compris les plus fameux, de Manuel Valls à Nicolas Hulot.

L’ACCUEIL POSITIF qui a été fait de Laudato Si’ est un motif de réjouissance, et il n’est pas inconvenant de penser que le pape l’a recherché. C’est toute sa pédagogie. Les incompréhensions sur ce texte étaient inévitables, mais si elles demeurent, c’est aux catholiques de les lever, et de s’appuyer sur cet accueil favorable pour faire progresser le lecteur et le monde attentif à la parole de l’Église vers ce qu’elle veut dire réellement. Continuer la lecture de « Laudato si’, une encyclique antimoderne »

Le mariage anormal

Contre toute attente, le projet de loi Taubira « ouvrant le mariage et l’adoption aux personnes de même sexe » a provoqué une contestation populaire inédite dans l’histoire.

D’emblée, cette contestation a été présentée comme l’expression d’une minorité conservatrice résiduelle. Mais l’ampleur de l’opposition, son caractère pacifique, spontané et non-partisan signifie autre chose. Le noyau dur initial de la résistance s’est élargi comme si la redéfinition autoritaire du mariage ouvrait les yeux de l’opinion sur une évolution politique d’une nature inhabituelle. Continuer la lecture de « Le mariage anormal »

Écologisme ou loi naturelle : il faut choisir

L’écologie sans l’homme, c’est bien plus commode. En rompant avec l’ordre de la nature elle-même, l’écologisme politique est un panthéisme bien peu respectueux de la création. La voie proposée par l’Église est celle de l’« écologie intégrale », qui réconcilie la nature et la raison, la science et la morale, la liberté et la politique.

L’URGENCE ECOLOGIQUE s’apparente à une prise de conscience largement partagée. Revendiquée par la plupart des familles politiques, celle-ci fait l’unanimité (qui ose se prétendre « contre l’écologie » ?), mais elle provoque aussi les plus violentes controverses, comme celles qui entourent le débat sur le réchauffement climatique : qui est responsable, la pollution ou le soleil ? Continuer la lecture de « Écologisme ou loi naturelle : il faut choisir »

Les fondements de l’État de droit libéral

Discours du pape Benoît XVI devant le Bundestag, Berlin, 22 septembre 2011. La politique est un engagement à mettre en œuvre la justice et les conditions de la paix. Mais comment reconnaît-on ce qui est juste ? Les fondements du droit dans les sociétés européennes ne sont plus reconnus de manière évidente, depuis que la nature et la raison ne font plus référence.

C’EST POUR MOI UN HONNEUR et une joie de parler devant cette Chambre haute – devant le Parlement de ma patrie allemande, qui se réunit ici comme représentation du peuple, élue démocratiquement, pour travailler pour le bien de la République fédérale d’Allemagne. Je voudrais remercier Monsieur le Président du Bundestag pour son invitation à tenir ce discours, ainsi que pour les aimables paroles de bienvenue et d’appréciation avec lesquelles il m’a accueilli. En cette heure, je m’adresse à vous, Mesdames et Messieurs – certainement aussi comme compatriote qui se sait lié pour toute la vie à ses origines et suit avec intérêt le devenir de la Patrie allemande. Continuer la lecture de « Les fondements de l’État de droit libéral »