François Fillon, la paille, la poutre et le bien commun

L’honneur d’un homme d’État défaillant est jeté sur la place publique. Est-ce bien raisonnable ? La France s’en sortira-t-elle mieux ? Un homme public se juge sur ses actes publics.

FRANÇOIS FILLON n’est pas parfait, c’est le scoop du mois. En deux mots, l’ancien parlementaire aurait pu conserver ses indemnités pour lui, il les reverse à sa famille. Le procédé n’est pas glorieux, certes, mais cela suffit-il à juger l’homme ? Continuer la lecture de « François Fillon, la paille, la poutre et le bien commun »

« Je suis chrétien »

« Je suis chrétien. » Il n’en faut pas plus pour déclencher une fatwa avec ce genre de propos iconoclaste chez un homme politique dans la France d’aujourd’hui. Évidemment, François Fillon, l’auteur du scandale, avait préparé son coup. Le calcul est de sa part audacieux, dans un contexte hyper laïciste. Mais en quoi est-il illégitime ?

TOUT CHRETIEN est fondé à revendiquer son droit de servir le bien commun en tant que chrétien. Mais les décisions qui peuvent être les siennes dans l’exercice de ses responsabilités, qu’il soit élu ou électeur, relèvent de son propre jugement et de sa raison. L’engagement politique du chrétien n’est pas un engagement confessionnel : il n’engage pas l’Église. Il se doit seulement d’être cohérent avec sa conscience, et en l’occurrence, puisqu’il est chrétien, avec les principes dont l’Église reconnaît qu’ils sont les fondements d’une société libre et digne de l’homme. Continuer la lecture de « « Je suis chrétien » »

Délit d’entrave à l’IVG : une atteinte grave à la démocratie

Peu porté à prendre la parole sur les questions politiques sensibles, Mgr Georges Pontier, président de la Conférence des évêques de France, a pourtant écrit à François Hollande pour lui faire part de sa vive préoccupation au sujet de la proposition de loi « relative à l’extension du délit d’entrave à l’interruption volontaire de grossesse ». Dans cette lettre rendue publique le 28 novembre, l’archevêque de Marseille accuse une « mise en cause des fondements de nos libertés ».

JAMAIS en France, le droit à la vie n’a paru aussi lié à la liberté de conscience et d’expression qu’avec le projet socialiste liberticide du délit d’entrave numérique à l’IVG. Le droit à la vie est le premier des droits, disait St Jean-Paul II, mais la liberté de conscience, précisait-il, est la base de tous les droits. Le gouvernement socialiste s’attaque aux deux. Les évêques de France ont raison d’y voir une remise en cause gravissime de deux principes fondamentaux de la société libre. Continuer la lecture de « Délit d’entrave à l’IVG : une atteinte grave à la démocratie »

Priorité : libérer la créativité et la culture, les vraies ressources de la France

Tous les programmes politiques visant à redresser la France échoueront s’ils ne libèrent pas les deux véritables ressources à exploiter pour le redressement de la France : ses gisements de créativité et son réservoir de sympathie à l’étranger.

APRES avoir organisé l’Audit de la France, destiné à présenter aux Français l’état réel du pays, le prochain gouvernement devra mettre en place une thérapie de choc afin de redonner de l’énergie à une nation fatiguée. Le gouvernement pourra alors exploiter deux ressources pratiquement inépuisables et actuellement laissées dans l’abandon absolu. Continuer la lecture de « Priorité : libérer la créativité et la culture, les vraies ressources de la France »

La différence Fillon : garder la tête froide

Six premières leçons du premier tour de la primaire de la droite et du centre. Le pire a peut-être été évité, mais rien n’est jamais acquis.

1/ Le vainqueur autoproclamé se prend une gifle.

L’échec de Nicolas Sarkozy est une demi-surprise. L’écart de François Fillon devant ses concurrents, un véritable étonnement, son passage au deuxième tour n’était pas gagné. La vraie leçon, c’est le score médiocre d’Alain Juppé, que tout l’establishment présentait comme le vainqueur évident, le président virtuel. L’identité heureuse, la tyrannie du consensus et du politiquement correct ont du plomb dans l’aile. Continuer la lecture de « La différence Fillon : garder la tête froide »

Pourquoi doit-on manifester le 16 octobre ?

La Manif pour tous s’apprête à descendre à nouveau dans la rue pour défendre la famille. L’abrogation de la loi Taubira s’inscrit désormais dans un objectif plus large et plus ambitieux : protéger la vie, le mariage et les libertés fondamentales.

AU LENDEMAIN du vote de la loi du 17 mai 2013 « ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe », dite loi Taubira, le débat s’est porté sur les perspectives d’abrogation du texte. L’affaire est devenue pour beaucoup une question de principe, plus morale que politique. Pour les anti-abrogationnistes, qu’on laissera discuter entre eux, le problème est relativement clair : le « mariage gay » est légitime, le désaccord porte sur le lien ou non avec la filiation. Du côté des abrogationnistes, le débat est stratégique. Qu’on le veuille ou non, la question est bien politique. Une chose est d’être contre cette falsification du mariage, autre chose est d’obtenir son abrogation. Continuer la lecture de « Pourquoi doit-on manifester le 16 octobre ? »

Le reniement de Nicolas Sarkozy

Abroger la loi Taubira, c’est dire non à l’injustice et à la division : injustice à l’égard des enfants privés d’un père ou d’une mère, et division des Français poussés à revendiquer les droits des uns contre les droits des autres. Quel homme politique intelligent peut-il renoncer à cette priorité ?

RIEN N’OBLIGEAIT Nicolas Sarkozy à se renier en déclarant ne pas vouloir revenir sur la loi Taubira. La majorité des Français (68 %) est pour sa révision (Opinion Way-LMPT, juin 2016). Son revirement est un aveuglement. C’est aussi un revirement par faiblesse, comme l’a dit Roland Hureaux (Figaro Vox, 15/07). Le message est : « Je me dégonfle. » Pas rassurant pour l’avenir. Continuer la lecture de « Le reniement de Nicolas Sarkozy »

Refonder la politique sur la culture

A propos de Charles Beigbeder et Benoît Dumoulin, Charnellement de France (P.-G. de Roux).

COMME IL EST RAFRAICHISSANT de lire un homme politique qui parle de la France comme une réalité charnelle, une personne, une histoire, un patrimoine, et non comme une « idée ». Il est vrai que Charles Beigbeder est d’abord un chef d’entreprise, un créateur. Pour lui, la France ce n’est pas un concept et ce n’est pas l’État, même si l’État dans son acception française a joué un rôle inédit dans la constitution de l’identité nationale. Continuer la lecture de « Refonder la politique sur la culture »

Un prêtre immolé, c’est la France qu’on assassine

Le père Jacques Hamel a été tué dans son église de Saint-Etienne-du-Rouvray en haine de la foi, mais aussi en haine de l’homme et de la France.

L’IMMENSE EMOTION qui s’est emparée de la France après la tragédie de St-Etienne-du-Rouvray montre que la France demeure un pays chrétien. Un prêtre égorgé pendant la messe, à genoux devant son autel, dans une petite église de province ordinaire, ce n’est pas un fait divers atroce, c’est la France qui est frappée dans son ADN. Continuer la lecture de « Un prêtre immolé, c’est la France qu’on assassine »

Douaumont, la « cathédrale des morts »

Un footing de masse au son du tam-tam sur les tombes des morts, c’est le show débile imaginé par les communicants du gouvernement pour célébrer le centenaire de la bataille de Verdun. Une insulte à la mémoire des soldats, mais aussi à l’oeuvre de tous les Français qui se sont battus pour honorer leur sacrifice. Parmi eux, l’évêque de Verdun.

Faut-il le rappeler ? C’est un évêque catholique qui a bâti Douaumont. Après la guerre, celui qui fût appelé « l’évêque du front », Mgr Charles Ginisty, voulut que les corps des morts qui pourrissaient encore sur le champ de bataille fussent honorés dignement. Il décida d’édifier un ossuaire pour donner une sépulture décente à ces soldats et permettre à leur famille de se recueillir. Continuer la lecture de « Douaumont, la « cathédrale des morts » »