Emmanuel Macron ou le droit du plus fort

Dans cette tribune publiée par Famille chrétienne, réflexion sur le double langage macronien : dans la jungle apaisée du « premier de cordée », la vie est sacrée à condition d’en disposer si la collectivité le désire. Il suffit d’en débattre.

PROMESSE TENUE, les députés ont voté la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et son remplacement par un impôt sur la fortune immobilière (IFI). La mesure, qui vise à réorienter l’épargne vers le financement des entreprises, est diversement appréciée, notamment par les familles qui se constituent un patrimoine immobilier transmissible. Continuer la lecture de « Emmanuel Macron ou le droit du plus fort »

Hommage à Christine Boutin

Après quarante années de vie politique, l’élue des Yvelines démissionne de son dernier mandat. Son rôle dans la défense de la vie humaine ne fit pas toujours l’unanimité mais restera un exemple.

CHRISTINE BOUTIN quitte la vie politique. Je veux lui témoigner ma reconnaissance. Elle fut longtemps seule à porter dans le monde politique la voix des sans-voix, menacés dans le sein de leur mère au nom de la loi. Sa voix relevait vraiment de l’indignation prophétique face à la montée de la culture de mort. Seule contre tous. Continuer la lecture de « Hommage à Christine Boutin »

Sens Commun et la peste partisane

Et si l’on s’interrogeait sur Sens Commun en dehors de la logique de parti ? C’est-à-dire en dehors de cette idéologie réductrice du politique d’abord, considérant que le salut de la France passe avant tout par la conquête du pouvoir ?

CE RAISONNEMENT naïf est très Moderne, au sens des Lumières : croire qu’une société se change par le haut, par les structures (les institutions et les lois), donc les partis. Toute stratégie pertinente ne se pense plus qu’en termes de Meccano partisan : quand la machine à perdre est enclenchée, il suffit de modifier les rapports de force entre les partis, « recomposer » la mécanique pour décrocher à nouveau la timbale. Continuer la lecture de « Sens Commun et la peste partisane »

PMA : le trouble des Français

L’ouverture de la PMA aux couples de femmes et aux femmes célibataires a suscité une opposition inattendue, notamment à gauche. En attendant, les sondages révèlent comment l’opinion peut être manipulée : les Français achètent l’égalité pour tous, mais ne veulent pas d’enfants fabriqués sans père.

MARLENE SCHIAPPA, secrétaire d’État à l’Égalité entre les femmes et les hommes, a annoncé que l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes serait proposée dans le cadre de la révision de la loi bioéthique en 2018. Cette annonce a relancé un débat sensible sur le droit à l’enfant et à terme sa marchandisation, la gestation pour autrui (GPA) étant le prolongement logique de la PMA. Si au nom de « l’égalité » toutes les femmes ont la possibilité d’avoir un enfant, pourquoi « tous les hommes » n’y auraient pas droit eux aussi ? Continuer la lecture de « PMA : le trouble des Français »

Législatives : ne pas se tromper d’adversaires

Le bon vote est le vote pour le bien commun. Considérer que le bien commun est supérieur à ses « convictions » ou à ses « valeurs » est un exercice parfois difficile. C’est admettre que la politique n’est pas le lieu de l’affrontement entre le bien et le mal, mais le théâtre du meilleur possible, dans une réalité complexe. Bien voter, c’est bannir l’esprit de parti et les ambitions mal placées qui divisent au lieu de construire.

EN PERIODE TROUBLEE, le Français a une solution : moi ou le chaos. Cela donne 7.882 candidats aux législatives pour 577 places, soit 14 candidats par circonscription. Des hommes et des femmes courageux, au dévouement incontestable, certes, mais dont le nombre soulève un malaise. Continuer la lecture de « Législatives : ne pas se tromper d’adversaires »

Bellamy : « Tout est à reconstruire. Tout commence »

Extraits d’une tribune de François-Xavier Bellamy, parue dans Le Figaro du 27 avril 2017, à méditer quelques jours avant le premier tour de l’élection législative.

« L’ELECTION présidentielle laissera à des millions de Français le sentiment amer d’un rendez-vous manqué ; et cet échec est lourd de conséquences. Alors que notre pays, pourtant riche d’un potentiel exceptionnel, traverse une crise qui touche aujourd’hui toutes les dimensions de notre vie collective, il était plus nécessaire que jamais d’aboutir à un choix clair, assumé, et rendu légitime par un vrai débat de fond. C’est ce cap cohérent qui a tant manqué à la France depuis cinq ans. Pouvions-nous nous offrir le luxe d’un nouveau choix grevé d’ambiguïtés ? C’est pourtant ce qui vient d’arriver. […] Continuer la lecture de « Bellamy : « Tout est à reconstruire. Tout commence » »

Applaudissez : Auguste Macron entre en scène

Auguste ? Un caméléon changeant de couleur, tour à tour pâle, rouge, noir, et puis après charmant comme Vénus (Julien l’Apostat). Pendant que la tyrannie se fortifiait, on ne parlait que de liberté (Montesquieu).

PLAUDITE, acta est fabula. « Applaudissez, la pièce est jouée. » Tels auraient été les derniers mots prononcés par l’empereur Auguste avant de succomber à une figue empoisonnée. Cet homme énigmatique qui avait pris un soin jaloux à ne jamais définir le régime nouveau qu’il instaurait fut décrit a posteriori par Julien l’Apostat comme un « caméléon changeant de couleur, tour à tour pâle, rouge, noir, et puis après charmant comme Vénus ». Continuer la lecture de « Applaudissez : Auguste Macron entre en scène »

Le vote blanc des catholiques

L’explosion du vote blanc lors du second tour de la présidentielle est la principale leçon de ce scrutin : il a été multiplié par plus de quatre entre les deux tours et a pulvérisé le précédent record de 1969 (6,4 %) pour atteindre 11,5 %. Parmi ces bulletins, le choix de nombreux catholiques qui, contrairement aux chiffres annoncés, ont donc moins voté pour Emmanuel Macron et Marine Le Pen que l’ensemble des Français.

LE SONDAGE IFOP/Pèlerin sur le vote des catholiques pratiquants réguliers au second tour donne 71% à Macron et 28% à Le Pen. Dans la mesure où le vote blanc qui n’a jamais été aussi élevé lors de ce scrutin sous la Ve République (11,50%), n’est pas indiqué, cette indication ne paraît ni juste, ni honnête, surtout si l’on considère que l’électorat catholique était particulièrement fondé à ne pas se retrouver dans l’offre politique de ce deuxième tour. Continuer la lecture de « Le vote blanc des catholiques »

Gagner le cœur de la France qui souffre, qui travaille et qui espère

Comment reconstruire ? La France périphérique, cette France abrutie par des années d’assistanat et de télévision débile, attend qu’on lui parle de ce qui est grand en elle.

LA LEçON PRINCIPALE de la présidentielle est celle-ci : 75% de la France pense et vit à gauche, même si cette gauche liquide est fracturée (libérale ou nationaliste) et pas nécessairement convaincue. Son seul point commun est dans l’individualisme de son mode de pensée, régulé par la technique et le marché d’un côté, par la force de l’autre. Continuer la lecture de « Gagner le cœur de la France qui souffre, qui travaille et qui espère »

Présidentielle : comment voter pour sortir du piège ?

Le second tour de l’élection présidentielle se présente sous la forme d’une confrontation entre deux manipulations politiques jumelles, aussi peu acceptables l’une que l’autre. Comment échapper au piège ? L’enjeu décisif de cette élection se jouera lors des législatives du mois de juin.

IL FAUT QUE TOUT CHANGE pour que rien ne change. La disparition des candidats des grands partis de gouvernement à l’issue du premier tour de la présidentielle donne l’apparence d’une modification en profondeur du paysage politique. Les partis dominants, demain, changeront peut-être, mais la réalité politique française demeure dans ses profondeurs. Continuer la lecture de « Présidentielle : comment voter pour sortir du piège ? »